Les évêques dénoncent les tares de la société

Côte-d’Ivoire: 75e Assemblée plénière de la Conférence épiscopale

Abidjan, 22 janvier 2003 (APIC) La Conférence épiscopale de Côte-d’Ivoire (Ceci) a dénoncé mardi 21 janvier les différentes tares de la société locale. « Le mensonge, l’injustice et l’impunité ont rendu malade cette société », indiquent les prélats dans un communiqué. Ils font toutefois part de la confiance des Ivoiriens aux négociations de paix de Paris.

A l’initiative du gouvernement français, toutes les composantes politiques de Côte-d’Ivoire sont réunies près de Paris depuis le 15 janvier, autour d’une table ronde. Cette rencontre inter-ivoirienne vise à trouver une solution à la crise politico-militaire qui secoue le pays depuis le 19 septembre 2002. Une délégation épiscopale de trois membres, conduite par l’archevêque d’Abidjan, Mgr Bernard Agré, assiste à ces discussions, a indiqué le quotidien gouvernemental, « Fraternité Matin », dans son édition du 17 janvier.

Selon la Ceci, la population ivoirienne dans sa diversité fait « entièrement confiance à leurs frères et soeurs qui participent à ces négociations ». Elle espère qu’ils mettront tout en oeuvre pour qu’elles aboutissent à un accord de paix sincère.

Dans leur communiqué, les évêques déplorent « le mensonge » qu’ils considèrent comme l’une « des caractéristiques de notre démocratie ». « Nous sommes confrontés à une crise de la vérité », font remarquer les prélats, qui relèvent que « trop de mensonges faussent le débat politique. Dans notre pays, ont peut fomenter un coup d’Etat et ne jamais savoir qui en sont les auteurs et les commanditaires », poursuivit le communiqué des évêques. Selon eux, « on peut découvrir un charnier et ne jamais connaître celui qui l’a planifié et mis à exécution ».

Ce qui ronge la société ivoirienne

« L’impunité et le laxisme », déplore encore la Conférence épiscopale, rongent la société ivoirienne. A ce sujet, elle estime que « l’impunité dont jouissent certains individus, amène au triste constat qu’en Côte-d’Ivoire, il n’y a pas de véritable pouvoir étatique ».

La Conférence demande enfin à la communauté internationale de « ne pas tronquer les informations prises ici et là » sur le pays. « Nous prions nos frères africains d’arrêter d’exiger de nous ce qu’ils refusent chez eux », lance la Ceci avant de conclure: « qu’ils (les Africains) sachent reconnaître et apprécier la facilité d’intégration qui leur a été offerte depuis notre accession à l’indépendance ».

La Ceci s’est réunie le 15 janvier dernier au centre Kizito à Abengourou (Est). Douze évêques sur les seize qui en sont membres, ainsi que le nonce apostolique, ont assisté aux travaux de la rencontre, la 75e du genre. (apic/ibc/pr)

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