Le pape insiste pour qu’il ne soit pas utilisé comme un code civil

Rome: Le Code de droit canon fête les 20 ans de sa dernière réforme

Rome, 24 janvier 2003 (APIC) Le Code de droit canon fête les 20 ans de sa dernière réforme. Aujourd’hui, le pape Jean Paul II insiste pour que celui- ci ne soit pas utilisé comme un simple code civil. Le Code de droit canon est composé de 1752 articles comprend sept grandes parties régissant la vie des membres de l’Eglise catholique. Près de 450 personnes, cardinaux, professeurs de droit, étudiants ou encore juristes civils participent à un colloque.

Pour Jean Paul II, le Code de droit canon de l’Eglise catholique doit être appliqué dans une « optique théologique » et pas uniquement civile. C’est ce qu’il a en effet affirmé le 24 janvier 2003, en recevant en audience les participants à la journée d’étude organisée par le Conseil pontifical pour les textes législatifs à l’occasion du 20ème anniversaire de la réforme du Code de droit canon.

Promulgué pour la première fois sous une forme juridique officielle en 1917 par le pape Benoît XV, le Code de droit canon a subi une grande réforme suite au Concile Vatican II. Jean XXIII avait annoncé ces réformes le jour où il convoqua les évêques du monde entier pour le Concile, le 25 janvier 1959, soulignant par là même le lien entre les deux événements. Toutefois, le ’bon pape Jean’ n’a pas eu le temps de mener à bien son désir, qui fut repris par Paul VI, puis par Jean Paul II. C’est ce dernier qui va promulguer le Code actuel, en 1983.

« On a pu constater, ces 20 dernières années, jusqu’à quel point l’Eglise a besoin de ce nouveau Code », a affirmé le pape, le 24 janvier 2003. « Heureusement, les contestations qu’il a suscitées sont désormais plutôt dépassées ». Toutefois, a-t-il ajouté, « il serait naïf d’ignorer ce qui reste à faire pour renforcer, dans les circonstances actuelles, une vraie culture juridico-canonique et une pratique ecclésiale attentive à la dimension pastorale intrinsèque aux lois de l’Eglise ».

Mise en garde

Le rapport entre le Code et le charisme de l’Eglise est un des points les plus délicats encore objet de discussions. C’est pourquoi Jean Paul II a tenu à rappeler que « les normes canoniques se réfèrent à une réalité qui les transcende ». Or, a ajouté le pape, une telle réalité « n’est pas seulement composée de données historiques, mais comprend aussi des aspects essentiels et permanents dans lesquels se concrétise le droit divin ». « Il serait trop simpliste et trompeur de concevoir le droit de l’Eglise comme un simple recueil de textes législatifs ».

C’est donc dans cette « optique théologique » que Jean Paul II a demandé à ce que le Code de droit canon soit appliqué et met en garde une normative canonique qui « se mettrait au service d’intérêts étrangers à la foi et à la morale catholique ». « Une telle mentalité abstraite se révèle inféconde, surtout parce qu’elle ne tient pas compte des vrais problèmes et des objectifs pastoraux qui sont à la base des normes canoniques ». Ce réductionnisme, a-t-il précisé, est encore plus dangereux quand il prétend interpréter et appliquer les lois ecclésiastiques en les séparant de la doctrine du magistère.

Près de 450 personnes, cardinaux, professeurs de droit, étudiants ou encore juristes civils ou travaillant dans le droit ecclésial, se sont retrouvés au Vatican, le 24 janvier, pour « examiner l’apport du Code à la législation universelle ». Diverses interventions devaient aborder notamment le rôle du droit canon ces 20 dernières années, le rapport entre pastorale et droit dans la vie de l’Eglise, ainsi que la contribution du Code de droit canon concernant les questions liées au mariage et à la famille.

« D’origine divine »

Interrogé par Radio Vatican le 23 janvier, le président du Conseil pontifical pour les textes législatifs, Mgr Julian Herranz, a tenu à préciser que « le droit de l’Eglise est d’origine divine parce que Jésus a fondé l’Eglise non seulement comme une communauté spirituelle, mais aussi comme une société juridiquement structurée ». « Toute société a besoin de lois », a-t-il ajouté, soulignant que « le droit n’est pas seulement un moyen pour l’exercice de l’autorité, mais aussi un moyen pour expliciter et rendre opérationnels les droits et les devoirs de tous les fidèles dans l’Eglise ».

Le Code de droit canon, composé de 1752 articles, comprend sept grandes parties régissant la vie des membres de l’Eglise catholique. De la place des divorcés remariés au thème de la guerre juste en passant par les conditions requises pour la renonciation d’un pape à sa charge, tous les thèmes touchant le simple fidèle catholique comme le pape sont répertoriés dans le détail. Les évêques des Etats-Unis ont particulièrement eu à faire avec le Code lors de la rédaction de leur charte concernant les prêtres pédophiles, ces derniers mois.

Avant le Code de droit canon promulgué pour la première fois en 1917, la législation de l’Eglise se basait notamment sur les saintes Ecritures, sur les statuts des Conciles, sur les décrets pontificaux, ou encore sur certains écrits des Pères de l’Eglise. (apic/imedia/pr)

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