Lausanne: Le Conseil synodal réservé sur le partage de la cathédrale, mais pas fermé
Lausanne, 27 janvier 2003 (APIC) Le Conseil synodal de l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud (EERV) est plutôt réservé – mais dit rester ouvert – sur le partage de la cathédrale de Lausanne avec d’autres dénominations chrétiennes présentes en Pays de Vaud. Sa position est ainsi plus nuancée que certains propos rapportés par les médias.
L’exécutif de l’EERV « n’est pas fermé à une réflexion et il va mettre rapidement sur pied un groupe de travail qui devra plancher sur l’utilisation de la cathédrale », a déclaré lundi à l’APIC Pierre Marguerat, responsable de l’information de l’EERV. Il émet certes des réserves quant à la proposition faite par Jacques-André Haury d’ouvrir la cathédrale de Lausanne à toutes les Eglises chrétiennes établies dans le canton.
Le député libéral – lui-même membre de la paroisse protestante de Chailly-La Cathédrale – souhaite que l’édifice devenu protestant à la Réforme soit disponible à certains moments de l’année pour chacune des communautés chrétiennes du canton de Vaud. La cathédrale serait mise à disposition pour des célébrations qui leur seraient propres.
Réagissant à cette proposition, le Conseil synodal de l’EERV a estimé que ce n’est pas une formule à reprendre, « d’abord au nom de l’oecuménisme », précise Pierre Marguerat. « Cette formule donne une image figée de la situation des relations entre les Eglises, puisque les Eglises apparaîtraient comme juxtaposées, célébrant chacune de leur côté, alors que pour le Conseil synodal, l’utilisation de la cathédrale mérite une réflexion plus approfondie ».
Dans l’attente d’une reconnaissance mutuelle des Eglises
Pour le Conseil, un collège de 7 membres, l’oecuménisme c’est faire ensemble des choses, et pas seulement se croiser dans des lieux de culte partagés. L’idée de J.-A. Haury, estime-t-il, va à l’encontre du principe d’oecuménisme visant la réunion de toutes les Eglises chrétiennes en une seule. « Ce n’est pas si simple, car si on veut occuper ensemble ce bâtiment, cela ne peut pas ne pas poser la question de la reconnaissance mutuelle des Eglises, notamment la reconnaissance de l’Eglise réformée par l’Eglise catholique romaine. Ce n’est pas une querelle oecuménique, mais elle en a forcément des dimensions », estime Pierre Marguerat. Qui relève que cela touche à des questions théologiques – soulevées notamment pas l’encyclique papale « Dominus Iesus » – et à l’Histoire.
Le groupe de travail, qui devrait pouvoir commencer ses travaux d’ici mars prochain, comprendra des représentants de la paroisse de la cathédrale, les responsables de la gestion des paroisses réformées de Lausanne, le Conseil synodal. Un éventuel élargissement du groupe de travail à d’autres communautés est encore en discussion, et la question n’est pas encore tranchée, précise Pierre Marguerat.
L’exécutif de l’Eglise préfère à l’occasion organiser de grandes célébrations oecuméniques réunissant catholiques, protestants, orthodoxes et évangéliques, qui a chaque fois remplissent la cathédrale. De telles manifestations très fréquentées ont incité les responsables d’Eglises à créer le 17 janvier dernier le Conseil des Eglises chrétiennes du canton de Vaud.
Cet organisme de collaboration oecuménique qui regroupe les Eglises protestante historique, protestante évangélique, catholique et orthodoxe. Elles constituent les quatre principales confessions chrétiennes du canton de Vaud, auxquelles s’associent les autres confessions chrétiennes minoritaires présentes dans le canton: Armée du Salut, Eglise adventiste, Eglise anglicane, Eglise catholique chrétienne, Eglise presbytérienne d’Ecosse et Fédération des Eglises libres pentecôtisantes. (apic/be)
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