Déjà sept témoins assassinés

Guatemala: Meurtre d’un nouveau témoin dans le procès des assassins de Mgr Gerardi

Tegucigalpa, 27 janvier 2003 (APIC) Un nouveau témoin important dans le procès des assassins de Mgr Juan Gerardi, évêque auxiliaire de la ville de Guatemala, a été abattu, rapporte l’agence de presse oecuménique ENI à Genève. Dans cette affaire qui met en cause les militaires guatémaltèques, sept témoins ont déjà été tués, tandis que six témoins, deux procureurs et un juge ont dû quitter le pays, craignant pour leur sécurité.

Noe de Jesus Gomez avait témoigné lors du procès tenu en 2001 après l’assassinat brutal, en 1998, de Mgr Gerardi, dans le collimateur des militaires en raison de son engagement dans la défense des droits de l’homme. Selon Mario Domingo, avocat du Bureau des droits de la personne de l’archidiocèse de Guatemala, Noe de Jesus Gomez a été tué dans la banlieue de la ville le 19 décembre, Pourtant les avocats de l’Eglise ne l’on appris que ces jours derniers.

Ce meurtre a été perpétré alors que la Cour Suprême du pays s’apprête à statuer sur une décision de la Cour d’appel annulant la condamnation de trois militaires et d’un prêtre catholique (pour complicité) en rapport avec le cas de l’assassinat de l’évêque Gerardi. La Cour d’appel avait établi que les juges du premier procès en 2001 avaient commis des erreurs dans l’examen des preuves.

Intimidation des témoins

Si la Cour Suprême maintient la décision de la Cour d’appel, un nouveau procès sera nécessaire. Cette décision devrait être prise d’ici un mois. «L’un des grands problèmes avec un nouveau procès après tant d’années est de ramener les témoins dans le tribunal. Après cet assassinat, aucun témoin ne voudra témoigner de nouveau», a déclaré Mario Domingo au correspondant d’ENI.

Le témoignage de Noe de Jesus Gomez et de son frère, Gilberto, avait été crucial car il avait permis aux trois juges du procès de 2001 d’inculper l’un des accusés. Noe de Jesus Gomez n’est pas le premier témoin à être victime de la violence. Durant les trois années qui se sont écoulées entre l’assassinat de l’évêque et le procès de 2001, sept témoins ont été tués. Six témoins, deux procureurs et un juge ont du quitter le pays, craignant pour leur sécurité.

L’organisation Amnesty International a laissé entendre qu’une des conséquences de la décision de la Cour d’appel serait de «donner plus de temps pour pratiquer l’intimidation ou pour tenter d’acheter ceux dont les témoignages avaient été cruciaux». Selon Mario Domingo, la femme de Noe de Jesus Gomez est partie se cacher. Le 23 janvier, la Mission des Nations Unies au Guatemala a demandé au gouvernement d’assurer la protection de la famille Gomez et d’autres personnes liées à cette affaire.

Une agression pas motivé par le vol

Mario Domingo a déclaré que des hommes non identifiés recherchaient Noe de Jesus Gomez depuis quelque temps. Le jour de son assassinat, un homme est venu frapper à la maison de Noe Jesus Gomez; il lui a parlé brièvement et les deux hommes sont ensuite partis dans la voiture de Jesus Gomez. Quelques heures plus tard, la voiture a été trouvée non loin de l’autoroutes dan la communauté de Villa Nueva. Noe de Jesus Gomez gisait à l’intérieur, portant des traces de balles au visage. Il est décédé peu après son transfert à l’hôpital. Mario Domingo a précisé que l’assassinat n’était pas motivé par le vol, et a déploré que le bureau du procureur de Villa Nueva n’ait pas encore ouvert une enquête.

Même si la Cour d’appel avait annulé les inculpations, elle avait ordonné le maintien en détention des quatre suspects (les trois militaires en prison et le prêtre sous surveillance policière dans un hôpital) en attendant la décision de la Cour Suprême. (apic/eni/be)

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