«Notre ordination est bien valide»
Berg, 29 janvier 2003 (APIC) Les sept femmes ordonnées prêtres en juin réagissent à leur excommunication, confirmée le 27 janvier par le Vatican. Elle se disent «profondément bouleversées» et dénoncent le fait qu’aucune d’entre elles n’ait été informée personnellement de la décision. Elles maintiennent que leur ordination est bien valide.
Les quatre Allemandes, deux Autrichiennes et l’Américaine ont été ordonnées prêtres le 29 juin 2002 au sein d’une communauté schismatique près de Passau, sur un bateau croisant sur le Danube entre l’Allemagne et l’Autriche. Après un décret d’excommunication prononcé le 5 août, elles avaient recouru contre la décision et espéré que le Vatican fasse un pas vers une meilleure reconnaissance des femmes.
Les porte-paroles du groupe, Gisela Forster et Christine Mayr-Lumetzberger, ont déclaré mardi à Berg en Allemagne que la décision montre de quelle façon les cardinaux de Rome «expriment une forme d’hostilité face à la femme, qui est révolue depuis longtemps dans la société». En même temps, les représentantes du groupe maintiennent leur volonté de conférer les sacrements. Le Vatican croit visiblement que les femmes lui veulent du mal, estiment Gisela Forster et Christine Mayr-Lumetzberger. Mais le but de ces sept femmes est surtout de rendre l’Eglise plus saine et plus ouverte, afin qu’elle apparaisse plus agréable aux yeux des gens. Elle y arrivera, selon elles, en adoptant l’égalité des droits pour les femmes et en allant vers un rapprochement oecuménique.
«Nous restons préoccupées par les nombreuses personnes qui seront privées d’accompagnement spirituel», soutiennent les deux «prêtresses». Celles-ci n’expriment aucune haine face à Rome. Elles disent ne pas avoir pour but de blesser l’unité de la foi.
Recours rejeté à l’unanimité
Après le décret d’excommunication promulgué par le Vatican le 5 août 2002, les «femmes prêtres» ont fait recours. Les 4 et 18 décembre 2002, leur demande a été examinée par les «instances compétentes» du Vatican, comme l’indique le nouveau décret approuvé par Jean Paul II le 20 décembre dernier et signé par le cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi.
A l’issue de deux séances, les treize cardinaux présents ont «unanimement» rejeté le recours, soulignant que celui-ci est impossible lorsqu’il s’agit d’une excommunication ’ferendae sententiae’ différente de la sentence ’latae sententiae’, c’est-à-dire automatique – faite au nom du Souverain pontife après un ultimatum. Cependant, précise le décret publié le 27 janvier, les membres du dicastère ont quand même choisi d’étudier la cause, «dans l’objectif de rappeler quelques points fondamentaux» de la doctrine. (apic/kna/imedia/wm/bb)
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