Rome: Vidéoconférence sur le thème de la paix
Rome, 29 janvier 2003 (APIC) « La paix mise au défi par les guerres, la violence et le terrorisme »: tel a été le thème de la 15ème vidéoconférence organisée par la Congrégation pour le clergé. 21 grands théologiens du monde entier ou responsables d’Eglises particulières marquées par des conflits ont pris la parole pendant plus de deux heures, notamment le cardinal Edward M. Egan de New York et le patriarche latin de Jérusalem, Michel Sabbah.
Passionné des nouvelles technologies et responsable de la formation des prêtres dans le monde entier, le cardinal Castrillon Hoyos, président de la Congrégation pour le clergé, a su allier ces deux aspects en lançant, le 29 septembre 2001, un cycle de vidéoconférences via Internet et la télévision.
Chaque mois, depuis cette date, une quinzaine de personnes s’expriment des quatre coins du monde, en direct, par l’intermédiaire d’une caméra numérique. L’objectif de ces conférences est de permettre aux séminaristes et aux prêtres n’ayant pas accès à une formation continue, d’avoir une base théologique. La Chine, un des pays où la proportion d’internautes est la plus importante, est particulièrement visée par le dicastère.
Le thème de la guerre juste, abordé dans le Catéchisme de l’Eglise catholique comme un moyen à utiliser en cas « d’extrême nécessité », a été choisi en raison de l’actualité internationale. Depuis quelques semaines, le Saint-Siège tente par tous les moyens d’empêcher une guerre en Irak, tant que le contexte ne la rend pas indispensable.
« L’utilisation de la force militaire peut être légitime lorsque le préjudice causé par l’agresseur perdure, lorsqu’il est grave et sûr, et lorsque tous les autres moyens d’arrêter l’agression demeurent inefficaces », a déclaré Mgr George Pell, archevêque de Sydney, en direct d’Australie. Alors que les Etats-Unis tentent de légitimer une « guerre préventive », le prélat a précisé l’importance d’avoir une « juste cause » pour faire la guerre.
Des remèdes contre le terrorisme répriment les peuples
Le professeur Silvio Cajiao, intervenant pour sa part de Bogota, en Colombie, a par ailleurs appelé les responsables des gouvernements à avoir « une vision supranationale » dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Il ne faut pas, a-t-il expliqué, « chercher uniquement les intérêts de sa propre nation, mais le bien-être de la communauté internationale ». Faisant particulièrement allusion à la situation du Moyen Orient, il a tenu à préciser que « certains remèdes adoptés » pour faire face au terrorisme « peuvent être un instrument de répression contre des peuples, (.) et, dans ce cas, une nouvelle forme de terrorisme ». A cette occasion, il a dénoncé un soi-disant « terrorisme d’Etat » qui consiste « à maintenir des situations de chaos dans un pays (.) pour maintenir injustement le pouvoir ».
Quant au professeur Alfonso Carrasco Rouco, de la faculté de théologie ’Saint Damasé de Madrid, en Espagne, il a rappelé la condamnation de l’Eglise face au meurtre d’un « innocent ». « Ce terme ne veut pas sous- entendre une personne qui n’aurait commis aucune faute morale, a-t-il expliqué, mais quelqu’un qui n’agresse pas la vie d’une autre personne ».
« Seule une rencontre basée sur une reconnaissance mutuelle de la dignité humaine (.) peut être garantie pour parvenir à des accords de paix crédibles et durables », a poursuivi Bruno Forte, théologien italien. « Plus d’engagement pour une paix juste en Terre Sainte et dans les diverses régions en proie à des conflits servira infiniment plus une paix durable plutôt que de lancer des milliers de bombes ou de déployer les plus impressionnantes machines de guerre ! »
Israéliens et palestiniens fatigués du conflit
Intervenant également au sujet de la Terre Sainte, le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Michel Sabbah, a souligné combien les peuples israélien comme palestinien « sont fatigués du conflit que leurs chefs semblent leur imposer, soit parce qu’ils sont incapables de voir les voies de la paix, soit parce qu’ils sont pris dans un jeu d’intérêts et de calculs régionaux et internationaux ». Dans son discours lu par un tiers, le prélat a dénoncé le « sacrifice » de deux peuples « appelés à construire ensemble une nouvelle société palestinienne et israélienne ».
Quelques instants auparavant, en inaugurant la vidéoconférence, le cardinal Dario Castrillon Hoyos avait pris la parole pour appeler les gouvernants « à construire des ponts pour unir l’humanité », à savoir instaurer des structures juridiques, économiques et politiques de paix. « Mais si ces ponts sont jetés sur l’abîme d’un relativisme individualiste au service d’intérêts égoïstes, alors ceux-ci deviennent des instruments fragiles qui croulent sous le poids des défis moraux face auxquels se trouve l’humanité ».
La prochaine vidéoconférence abordera le thème de « l’Eglise et la question bioéthique », le 28 février. (apic/imedia/bb)
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