Suite de la discussion ouverte en juin à Jérusalem

Rome: Rabbins d’Israël et prélats du Saint-Siège se rencontreront en février

Rome, 31 janvier 2003 (APIC) Des représentants de l’Eglise catholique et de la communauté juive d’Israël se retrouveront à Rome les 26 et 27 février. C’est la deuxième réunion du genre, marquant la continuation du canal de discussion ouvert en juin 2002 à Jérusalem.

Après le résultat «positif» de la première rencontre, ce dialogue instauré pour la première fois directement avec le rabbinat d’Israël a été convoqué suivant le désir des deux parties. Auparavant, le Saint-Siège avait des contacts avec le Comité de liaison entre le Saint-Siège et la communauté juive internationale, créé il y a trente ans.

Cinq membres du grand rabbinat d’Israël, trois de la Commission du Saint- Siège pour les rapports avec le judaïsme et deux représentants de l’Eglise catholique en Israël se retrouveront dans la région de Rome pendant deux jours. La fréquence des rencontres a été fixée à deux fois par an, alternativement en Israël et à Rome.

Interrogé par l’APIC après la première rencontre de Jérusalem, le dominicain suisse George Cottier, théologien de la maison pontificale et membre de la délégation catholique, avait qualifié cette rencontre de «très positive». «Nous avons pu nous accorder sur différents points communs à nos deux religions, tels que le respect de l’homme créé à l’image de Dieu, la famille, l’éducation ou les jeunes», avait-il expliqué, soulignant l’aspect cordial qui a caractérisé la rencontre. Pour le théologien, cette ouverture est «un pas important» dans le dialogue religieux entre juifs et chrétiens.

Séparer le politique du religieux

Au cours de ces rencontres, la situation politique du Proche-Orient n’est pas traitée, selon un commun accord. «Il est important de séparer le politique du religieux», affirme-t-on à l’ambassade d’Israël près le Saint- Siège. Se félicitant des résultats de la première rencontre, on précise de source officielle que la grande sensibilité politique existant entre les deux parties engagées, en particulier à cause de la situation en Terre Sainte, conduit les protagonistes de la rencontre à ne pas impliquer le gouvernement israélien. Il s’agit ainsi «de ne pas interférer à l’objectif premier, visant à une meilleure connaissance réciproque des deux religions».

Ce canal de discussion se veut «complémentaire» au dialogue existant déjà grâce au Comité international de liaison entre juifs et catholiques (ICL), créé il y a près de 30 ans. Il est la conséquence d’une volonté certaine de la part des juifs et des catholiques, depuis quelques mois, d’entamer un dialogue avec les communautés locales et non plus au seul niveau international.

Encore une «rencontre européenne entre juifs et catholiques»

Ainsi, après la réussite de la «rencontre européenne entre juifs et catholiques», organisée par le Congrès juif européen en janvier 2002 à Paris, une seconde rencontre se déroulera au même endroit, les 10 et 11 mars prochains. Alors que le cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, avait représenté le Saint-Siège la première fois, cette fois-ci, le cardinal Jorge Maria Mejia, ancien président de la Commission pour le dialogue religieux avec les juifs.

Interrogé par l’APIC le 30 janvier, le père Norbert Hofmann, responsable des relations avec les juifs au Vatican, a souligné l’importance d’un tel dialogue en France, où se trouve la majorité des juifs d’Europe de l’Ouest – près de 600 000. «Ce dialogue est nécessaire», a-t-il expliqué, confiant l’intention du Saint-Siège de créer, à long terme, un Conseil européen de dialogue religieux avec les juifs, qui «regrouperait les forces de dialogue déjà existante». Les responsables des centres nationaux de France, d’Angleterre, d’Italie, d’Autriche et de Suisse auront une première occasion d’y réfléchir, en juin prochain à Lucerne, en Suisse.

«Nous sommes dans une période décisive», a conclu le père Hofmann en soulignant que les polémiques – l’affaire de Pie XII principalement – «ont tendance à se calmer». «Il nous faudra du temps, mais nous avons de nouvelles possibilités qu’il ne faut pas rater». (apic/imedia/bb)

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