Rome: Sept nouvelles recrues rejoignent la Garde suisse le 1er février
Rome, 31 janvier 2003 (APIC) Sept nouvelles recrues vont incorporer la Garde suisse pontificale, le 1er février. Le nouveau commandant, Elmar Theodor Mäder, les accueillera au sein de la caserne située dans l’Etat du Vatican, avant qu’ils ne commencent une formation de 24 jours, en vue de les préparer à leur mission auprès du souverain pontife.
Chaque année, le Vatican organise trois promotions dans la Garde suisse, en février, en juin et en novembre. Actuellement, on compte près de 100 personnes, officiers, sous-officiers et hallebardiers, dans cette armée de volontaires chargés de la sécurité du pape.
A peine arrivées au Vatican, les nouvelles recrues vont subir une formation intensive touchant principalement au travail de surveillance des entrées de l’Etat pontifical. Outre l’apprentissage de l’italien et un entraînement physique de défense personnelle, il faut apprendre au garde les rudiments de la vie ecclésiastique. Ainsi, chacun doit savoir différencier, par exemple, un évêque d’un simple prêtre, ce qui n’est pas si simple lorsque les deux sont habillés d’un clergyman .
Certaines consignes laissées par le commandant ou même par la secrétairerie d’Etat doivent en outre être suivies à la lettre. Par exemple, une série de noms est à la disposition des gardes afin d’être au courant des personnes «indésirables», telles que des faux évêques déguisés – en principe, tout évêque peut se promener librement dans une grande partie du Vatican, en raison de son rang.
Difficile de garder son sérieux
«Il nous est parfois difficile de ne pas éclater de rire», confie un garde en racontant l’histoire d’un soi-disant prétendant au trône de France qui demanda un jour à être reçu d’urgence par le pape. En revanche, ajoute-t- il, «il est plus facile de rester sérieux lorsque nous sommes de sentinelle – moment où le garde doit rester immobile, ndlr -». «Dans ces cas là, nous fixons un point précis au loin et nous pouvons méditer sans qu’aucun touriste ne puisse nous déranger».
«Le service que nous rendons est difficile», avoue Vincent Contesse, jeune garde valaisan arrivé il y a deux mois. «C’est éprouvant de devoir être disponible 24 heures sur 24 ou de rester immobile des heures durant, mais c’est pour moi une expérience exceptionnelle». Pour ce Suisse d’une vingtaine d’années, ce passage à la Garde est en quelque sorte un «tremplin» spirituel et humain vers la vie d’adulte qui l’attend.
«Très souvent nous voyons entrer des jeunes qui ne sont pas encore mûrs», explique pour sa part le commandant de la Garde, le Colonel Mäder, récemment nommé à ce poste. Installé dans son nouveau bureau décoré des portraits de tous ses prédécesseurs, l’officier reconnaît qu’»à l’issue de leurs deux années on les voit repartir avec une plus grande maturité». Toutefois, l’institution ne semble plus attirer beaucoup de jeunes, le salaire étant trop faible et les conditions de recrutement trop strictes.
«Nous ne pouvons pas réformer entièrement la Garde!», affirme avec impuissance le commandant, en précisant que la question s’est quand même posée après la mort d’un de ses prédécesseurs, le Colonel Estermann, de sa femme et du caporal Cédric Tornay en 1998. «Il faut que nous offrions plus d’opportunités à ces jeunes, notamment en leur proposant une formation professionnelle plus solide». Ainsi, l’objectif du commandant Mäder est de proposer aux hallebardiers une formation supplémentaire facultative, durant un an au sein de la caserne, en plus des deux années obligatoires. Celle-ci aboutirait à l’obtention d’un diplôme spécialisé dans le domaine de la sécurité. Avec l’espoir que ce projet permette aux gardes de rester plus longtemps .
500e anniversaire en 2006
Depuis la création de la Garde pontificale suisse, les conditions de vie et de recrutement n’ont pas ou peu évolué. Le 500ème anniversaire de l’institution du corps de garde par le pape Jules II, qui sera fêté en 2006, sera l’occasion de faire un bilan du service rendu à 49 souverains pontifes, parfois au risque de leurs vies. Le 6 mai 1527, 147 gardes suisses pontificaux ont été tués alors qu’ils défendaient le pape Clément VII lors du «sac de Rome». Au cours de l’année 2006, différentes célébrations seront prévues, à Rome et en Suisse. Les responsables de la Garde pensent notamment à reproduire la marche des gardes suisses entrant dans Rome en 1506 depuis la porte de la Place du Peuple jusqu’au Vatican.
A la question de savoir si la Garde suisse pontificale est appelée à disparaître avec la modernisation des moyens de défense, le Colonel Elmar Theodor Mäder réfute catégoriquement une telle hypothèse. «Il est vrai qu’une partie importante de notre mission, près de 30%, est dédiée à la représentation, mais notre présence se révèle chaque jour indispensable et irremplaçable sur tous les plans, notamment celui de la sécurité». (apic/imedia/bb)
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