Suède: L’archevêque luthérien soutient boycott des produits israéliens des colonies
Stockholm, 2 février 2003 (APIC) Le soutien apporté par l’archevêque luthérien K.G. Hammar, chef de l’Eglise de Suède, au boycott des produits israéliens en provenance des colonies juives illégales en territoire palestinien provoque des remous au sein de sa propre Eglise.
Une déclaration signée, entre autres, par l’archevêque luthérien de Suède, K.G. Hammar, et par l’ambassadeur suédois en Allemagne, Carl Tham, appelle à boycotter les produits israéliens des territoires occupés par Israël. La pétition a provoqué des réactions de protestations de la part des partis politiques d’opposition.
Le nom de K.G. Hammar figure en haut d’une liste de 73 personnalités publiques suédoises ayant signé une déclaration demandant le boycottage de biens produits par des colonies juives dans les territoires occupés par Israël depuis 1967 en violation du droit international.
Les signataires espèrent qu’une telle action poussera Israël à démanteler ces colonies, qui sont l’un des principaux obstacles à la paix. Ces colonies qui fractionnent le territoire palestinien en un confetti de «bantoustans» où les populations sont confinées et enfermées depuis des mois, empêchent la constitution d’un Etat palestinien pourtant réclamé depuis des années par la communauté internationale.
«Acheter de tels produits revient à soutenir l’occupation illégale israélienne»
La colère des politiciens de l’opposition est dirigée principalement contre l’ambassadeur Carl Tham qui irait ainsi à l’encontre de la politique suédoise. Mais l’archevêque Hammar a également été la cible des critiques de la part de membres de son Eglise. Certains d’entre eux déplorent que l’Eglise suédoise s’aventure sur des terrains éthico- politiques qui dépassent la stricte sphère de la religion et des croyances.
Les membres du personnel de l’Eglise de Suède ont reconnu avoir reçu, depuis la publication de cette lettre, une multitude de courriers électroniques, de coups de téléphone et de lettres. Un grand nombre étaient des messages d’encouragement, mais d’autres accusaient l’archevêque d’abandonner le peuple juif et faisaient des comparaisons avec les années 40. Les Suédois ont été critiqués pour n’avoir pas fait assez contre la persécution des juifs durant cette période.
L’archeveque Hammar a répondu qu’il voulait mettre l’accent sur l’occupation et l’installation illégale de colonies en territoire palestinien. A son avis, le boycott est un instrument qui permet de sensibiliser l’opinion à ce problème. Toutes les colonies juives dans les territoires occupées sont considérées comme illégales par la communauté internationale, selon de nombreuses résolutions des Nations Unies. «Acheter et vendre des produits des territoires occupés revient à soutenir l’occupation illégale israélienne», indiquent les signataires de la déclaration, en ajoutant: «Cela va aussi à l’encontre du droit international».
Les auteurs de l’appel, entre autres des écrivains, des éditeurs, des médecins et des professeurs, exhortent la communauté internationale à agir puisque les Israéliens et les Palestiniens se sont montrés «incapables de résoudre le conflit eux-mêmes». Selon cette déclaration, une paix durable au Moyen-Orient exige l’établissement d’un Etat palestinien indépendant avec l’acceptation du droit pour Israël d’exister à l’intérieur de frontières non contestées et sûres. (apic/eni/be)
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