Suisse: Les facultés de théologie doivent renforcer leur collaboration
Georges Scherrer, de l’agence APIC / adaptation Bernard Bovigny
Zurich/Fribourg, 7 février 2003 (APIC) Les facultés de théologie catholiques d’un côté et réformées de l’autre doivent renforcer leur collaboration interne. Les mesures budgétaires et la diminution du nombre d’étudiants obligent les deux communautés à restructurer leur réseau universitaire. Quant à la création d’une chaire interconfessionnelle, elle n’est pas encore à l’ordre du jour. Même si le projet a l’heur de plaire au doyen de la Faculté réformée de Zurich.
Les deux Eglises pourraient tout à fait se partager une chaire de faculté de théologie dans un proche avenir. C’est le point de vue exprimé par le doyen Pierre Bühler, de l’Université de Zurich. Ce dernier a cependant souligné à l’agence APIC que les obstacles seraient certainement plus importants du côté catholique. A Fribourg, par exemple, l’occupation d’une chaire de la faculté de théologie doit être approuvée par le général des dominicains à Rome. « Mais de notre côté, ce projet est tout à fait envisageable », estime Pierre Bühler.
Pour l’instant, les facultés de théologie réformées de Suisse romande doivent présenter encore cette année un concept visant à renforcer leur collaboration. Le même projet a été demandé au niveau des facultés de théologie catholiques de toute la Suisse. La commission « Sapientia christiana » de la Conférence des évêques suisses (CES) a chargé leurs doyens d’élaborer un concept de collaboration jusqu’en été 2003, a expliqué à l’APIC le secrétaire général de la CES, Agnell Rickenmann.
Cette collaboration, selon l’abbé Rickenmann, touche les facultés théologiques de Fribourg, Lucerne et Lugano, ainsi que la haute école théologique de Coire et l’école de théologie du couvent d’Einsiedeln. Elle prendra la forme d’une accentuation des échanges d’étudiants et de professeurs. Par ailleurs, les programmes d’études devront être mieux harmonisés et les facultés devront définir leurs domaines de prédilection en matière d’enseignement et de recherche.
Une baisse budgétaire de 14% jusqu’en 2007 à Fribourg
Cette recherche de collaboration correspond à un voeu exprimé depuis longtemps par les évêques suisses, souligne Agnell Rickenmann. Mais sa réalisation aura été provoquée par des éléments extérieurs, à savoir les restrictions budgétaires. Ainsi, la Faculté de Fribourg, sur décision du sénat de l’Université, subira entre 2003 et 2007 une restriction budgétaire de 14%, soit 1,2 million de francs. A Lucerne, le gouvernement cantonal fait pression sur l’Eglise catholique pour qu’elle soutienne davantage la Faculté de théologie au niveau financier. A Fribourg, tout comme à Lucerne, plusieurs chaires sont actuellement vacantes.
Des mesures similaires touchent également les facultés réformées de Suisse romande. A Genève et Neuchâtel, les chaires vacantes ne seront occupées que lorsque les facultés de Genève, Lausanne et Neuchâtel auront adopté un modèle de « collaboration plus étroite ». Ce projet doit être réalisé cette année, annonce Pierre Bühler. Les trois facultés romandes ont été mises sous pression par leurs cantons respectifs, notamment en raison d’une importante baisse de fréquentation des étudiants.
Le problème est moins aigu dans les facultés réformées de Bâle, Berne et Zurich, selon Pierre Bühler. Cependant, la Conférence universitaire suisses et la Conférence suisse des recteurs ont réfléchi à une meilleure collaboration, au vu de la baisse des étudiants. Ces instances se sont notamment demandé s’il était nécessaire de maintenir trois facultés de théologie réformées en Suisse alémanique.
Vers davantage de collaboration interconfesionnelle
Une « collaboration plus étroite » est également à l’ordre du jour de la Conférence interconfessionnelle des facultés de théologie en Suisse. Cet organe a été créé il y a plus de 25 ans. Ces cinq dernières années, son activité s’est intensifiée en raison de la situation difficile traversée par les différentes facultés, souligne Pierre Bühler. L’idée d’une collaboration plus étroite entre facultés catholiques et réformées gagne du terrain. Une convention de collaboration existe déjà entre Bâle et Lucerne. Et depuis longtemps, une convention a été mise en place entre Zurich, Fribourg et Lucerne au niveau de l’accompagnement des doctorants. (apic/gs/bb)
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