Le Saint-Siège envoie un émissaire à Bagdad

Rome: Le pape recevra au Vatican Tarek Aziz le 14 février et Kofi Annan, le 18 février

Rome, 9 février 2003 (APIC) Le Saint-Siège intensifie son action diplomatique dans la crise irakienne en envoyant un émissaire à Bagdad. Le cardinal Roger Etchegaray se rendra en mission pontificale auprès des autorités irakiennes alors que le pape s’apprête à recevoir au Vatican le ministre irakien des Affaires étrangères, Tarek Aziz, le 14 février et, quatre jours plus tard, le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan.

« Il ne faut pas se résigner comme si la guerre était inévitable » a affirmé Jean-Paul II le 8 février. S’adressant samedi à plus de 300 évêques, prêtres et amis de la Communauté Sant’Egidio, réunis à Rome pour un colloque sur le thème ’l’Evangile de la paix’, à l’occasion du 35ème anniversaire de la fondation de cette institution, le pape a rappelé combien « il est toujours plus urgent d’annoncer ’l’Evangile de la paix’ à une humanité tentée fortement par la haine et la violence ». « Il faut multiplier les efforts, a ajouté Jean Paul II, on ne peut pas s’arrêter face aux attaques du terrorisme, ni devant les menaces qui se lèvent à l’horizon ».

Dans son édition du dimanche 9 février, par de gros titres en première page, « L’Osservatore Romano » se fait écho de cet appel de Jean Paul II, soulignant par ailleurs l’importance de la visite « de médiation » de 36 heures durant ce week-end en Irak des inspecteurs de l’ONU, guidés par le norvégien Hans Blix, qui devra présenter un nouveau rapport au Conseil de Sécurité de l’Onu.

Le Vatican continue de jouer la carte de la diplomatie

Bien que le Secrétaire américain de la défense Donald Rumsfeld a déclaré lors de son passage en Italie que « la diplomatie a failli », le Saint-Siège continue de jouer sa carte diplomatique. Le cardinal Roger Etchegaray se rendra en Irak le 10 février pour une mission diplomatique de deux ou trois jours.

Le but de cette mission pontificale, souligne Joaquin Navarro-Valls dans un communiqué publié la veille du départ du prélat français, est non seulement « de montrer à tous la sollicitude du pape en faveur de la paix » mais aussi « d’aider ensuite les autorités irakiennes à faire une sérieuse réflexion sur le devoir d’une coopération internationale active, basée sur la justice et le droit international, en vue d’assurer à ces populations le bien suprême de la paix ».

Par ailleurs, le Saint-Siège aura l’occasion d’intervenir à nouveau auprès des autorités irakiennes quant à leur coopération totale avec les inspecteurs de l’ONU pour que soit appliquée la résolution 1441 du Conseil de Sécurité, qui stipule la destruction de tout armement de destruction massive.

Visite de Tarek Aziz le 14 février et de Kofi Annan le 18

En effet, le ministre des Affaires étrangères de l’Irak sera reçu au Vatican par Jean-Paul II le 14 février prochain. Tarek Aziz doit également rencontrer son homologue Mgr Jean-Louis Tauran ainsi que le cardinal Secrétaire d’Etat Angelo Sodano.

Le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, devrait également être reçu au Vatican par le pape et ses collaborateurs, probablement le 18 février prochain. Interrogé par le quotidien italien ’La Repubblica’ le 9 février, le directeur de « L’Osservatore Romano », Mario Agnes affirme pour sa part que « les Nations Unies sont la seule voie pour éviter la guerre ».

Prendre le chapelet

En attendant, avant de réciter la prière de l’angélus le 9 février comme chaque dimanche, le pape a demandé à « tous de prendre en main le chapelet pour invoquer l’intercession de la très Sainte Vierge ». « En cette heure de préoccupation internationale, nous sentons tous le besoin de nous tourner vers le Seigneur pour implorer le grand don de la paix » a-t-il ajouté, encourageant toutes les initiatives de prière qui se mettent en place ces jours-ci de par le monde. (apic/imedia/sh)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/rome-le-pape-recevra-au-vatican-tarek-aziz-le-14-fevrier-et-kofi-annan-le-18-fevrier/