Malgré son interdiction

Londres: Amnesty dénonce le phénomène croissant des enfants soldats

Londres, 11 février 2003 (APIC) Le traité international contre l’utilisation des enfants comme soldats pendant les conflits armés est entré en vigueur le 12 février 2002. Amnesty International (AI) et d’autres organisations membres de la « Coalition pour mette fin à l’utilisation d’enfants soldats » rappellent, à l’occasion de ce premier anniversaire, qu’il a toujours plus d’enfants entraînés dans des combats.

Ainsi, au Myanmar (ex-Birmanie), on estime à environ 70’000 le nombre d’enfants enrôlés dans l’armée nationale, parfois dès l’âge de 11 ans, après avoir été enlevés ou menacés de prison. En Colombie, selon les recherches effectuées par la Coalition, environ 14’000 garçons et filles, parfois âgés de 10 ans seulement, ont été enrôlés par les groupes armés paramilitaires et les milices. Autre exemple: au Népal, il y aurait selon certaines sources jusqu’à 30 % d’enfants dans les rangs du Parti communiste du Népal, et leur nombre ne cesserait de croître.

En nommant clairement cinq pays qui recrutent des enfants soldats, le Conseil de sécurité des Nations Unies a pris récemment une décision historique, estime AI. En décembre 2002, le Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, a dénoncé au Conseil de sécurité les cinq pays suivants: l’Afghanistan, le Burundi, le Liberia, la République démocratique du Congo (RDC) et la Somalie. Les groupes armés d’opposition ne sont pas les seuls à utiliser des enfants soldats. Les Nations unies ont également reproché aux forces gouvernementales du Burundi, du Liberia et de la RDC la même pratique.

Bien que 111 pays aient maintenant signé le traité interdisant l’utilisation d’enfants comme soldats, seuls 46 d’entre eux ont intégré les dispositions du Protocole facultatif dans leur législation nationale, lui donnant ainsi force de loi. Aux yeux d’Amnesty International, le premier anniversaire du Protocole facultatif devrait être l’occasion d’appeler d’autres pays à se joindre à la communauté internationale pour condamner cette pratique. SH

Encadré

La Coalition pour mettre fin à l’utilisation d’enfants soldats

La Coalition pour mettre fin à l’utilisation d’enfants soldats a été fondée en 1998. Parmi ses membres fondateurs, on compte Amnesty International, Human Rights Watch, le Service Jésuite des Réfugiés, le Bureau de la société des amis auprès des Nations unies à Genève, le Bureau international de Rädda Barnen et Terre des Hommes. Se sont ensuite joints aux actions de la Coalition: Défense des enfants-International, l’Organisation internationale de perspective mondiale, ainsi que des organisations non gouvernementales d’Afrique, d’Amérique Latine et d’Asie.

De nombreux membres de la Coalition et des organisations partenaires -originaires de pays aussi divers que le Pakistan ou les Etats-Unis, par exemple – organiseront diverses manifestations pour célébrer la journée du 12 février. (apic/com/sh)

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