Une corruption générale pour un montant de 1,6 milliard de dollars

Kenya: Les Eglises veulent la vérité sur les abus du passé

Nairobi, 12 février 2002 (APIC) A la demande pressante des Eglises du Kenya, le gouvernement va mettre en place une commission de la vérité pour traiter des affaires de corruption, pour un montant 1,6 milliard de dollars selon les estimations, et des violations des droits de la personne. Ces abus auraient été commises sous l’ancien gouvernement, écarté du pouvoir lors des élections de décembre 2002.

Les responsables d’Eglise ont souligné que la commission, suscitée par une démarche similaire en Afrique du Sud, aurait dû être mise en place depuis longtemps. « Les Kenyans sont anxieux de connaître la vérité », fait remarquer à l’agence oecuménique ENI le chanoine Peter Machira, de l’église anglicane Saint-Marc à Nairobi.

Les responsables religieux demandent que la commission se penche sur les violences tribales du passé, les attributions illégales de terres, les morts non résolues d’ecclésiastiques et de politiciens et la corruption générale qui, selon un rapport du gouvernement de la semaine dernière, aurait coûté au pays l’équivalent de 1,6 milliard de dollars entre 1990 et 1999.

Se laver de ces erreurs

« Nous devons nous réconcilier et nous laver de ces erreurs », demande le prêtre catholique romain Emmanuel Ngugi, qui exhorte les Kenyans à comprendre que le nouveau gouvernement ne recherche pas la vérité dans un but de vengeance, après la mise à l’écart du parti de l’Union nationale africaine du Kenya (KANU) du président Daniel Arap Moi. La KANU avait été au pouvoir pendant 40 ans après l’accession à l’indépendance du pays. « Nous invitons ceux qui sont accusés à reconnaître leurs erreurs passées et à demander pardon », a ajouté le prêtre.

La mise en place de la commission a été annoncée par Kiraitu Murungi, le nouveau ministre de la Justice et des affaires constitutionnelles, lors de la prestation de serment du nouveau cabinet après les élections de décembre. « Nous avons beaucoup appris de la Commission de vérité et de réconciliation de l’Afrique du Sud et d’autres commissions en Amérique latine », avait-il alors déclaré.

La Commission de vérité et de réconciliation sud-africaine, présidée par l’ancien archevêque anglican du Cap, Mgr Desmond Tutu, avait durant trois ans examiné les cas de violations des droits de la personne commises durant le régime de l’apartheid. Elle avait été autorisée à accorder l’amnistie à ceux qui reconnaissaient leurs crimes.

Le ministre de la Justice du Kenya a annoncé la semaine dernière que la commission serait chargée d’entendre les témoignages des victimes des abus et des auteurs de ceux-ci. (apic/eni/bb)

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