L’hebdomadaire « Al-Hilal » suspendu deux mois
Amman, 18 février 2003 (Apic) Trois journalistes jordaniens ont été condamnés lundi par la Cour de sûreté de l’Etat à des peines de six à deux mois de prison pour « atteintes à l’islam et au prestige de l’Etat ». Leur hebdomadaire « Al-Hilal » a été suspendu deux mois à compter du 16 janvier.
Ces journalistes de l’hebdomadaire Al-Hilal étaient jugés pour un article publié en janvier sur la vie sexuelle du prophète Mahomet. Le procureur de la Cour a accusé le rédacteur en chef, le directeur général de l’hebdomadaire et l’auteur de l’article incriminé « d’atteinte au prestige de l’Etat et aux principes fondamentaux de la société jordanienne en publiant des hérésies et des fausses rumeurs et d’avoir manqué de respect à la famille du prophète Mahomet ». Mohannad Moubaïdine a été condamné au total à six mois de prison, Roumane Haddah, à deux mois et Nasser Komch à trois mois. Ils n’ont aucune possibilité de recours, les verdicts de la cour étant sans appel.
Reporter Sans Frontières déplore
Selon le quotidien Al-Raï, l’article incriminé, publié le 14 janvier, est intitulé « Aïcha dans la maison du prophète. Dieu avait dispensé Aïcha de chasser les mouches de sur son corps ». Tous les numéros d’ »al-Hilal » ont été retirés de la circulation. L’article contesté est un extrait d’un livre publié par le journaliste arrêté, Belkassem Ahmad, en vente libre sur le marché jordanien. L’hebdomadaire « al-Hilal » est le premier fermé depuis que le Code pénal jordanien a été amendé suite à une décision du Cabinet d’octobre 2001.
Au moment de l’arrestation des trois journalistes, le secrétaire général de Reporters sans frontières, Robert Ménard, a affirmé: « C’est une grande déception pour les organisations de défense des libertés publiques de constater que les autorités jordaniennes profitent de l’après-11 septembre pour agir de manière toujours plus répressive et autoritaire ».
(apic/ag/rsf/JordanTimes/bb)
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