Canada: Appel des évêques pour la santé, l’environnement, la pauvreté et le développement
Ottawa, 18 février 2003 (APIC) Les évêques canadiens lancent un appel au ministre des finances au sujet du prochain budget fédéral. Ils demandent des actions décisives dans les domaines de la santé, de la préservation de l’environnement, de la pauvreté des enfants et des familles, et de l’appui au développement international.
« Les priorités de dépenses d’un budget fédéral en disent long sur les valeurs sous-jacentes des affaires sociales », affirme l’Eglise catholique du Canada dans un appel daté du 17 février et signé du président de la Commission épiscopale des affaires sociales, Mgr Jean Gagnon. « Lorsque nous essayons de discerner les désirs les plus chers au coeur de nos communautés, nous entendons leur cri pour la justice et l’équité. Lorsque nous écoutons attentivement les besoins de notre peuple, nous ouvrons notre coeur pour embrasser également les besoins des peuples d’autres pays », soutient le message envoyé au ministre des finances John Manley.
Les évêques rappellent que les Eglises chrétiennes ont proposé une Alliance sur des soins de santé pour tous au Canada. « Les valeurs clés de solidarité, de communauté, d’équité, de compassion et d’efficacité devraient avoir priorité sur une approche de la santé guidée par le marché », affirment-ils dans leur appel. » Nous espérons voir le gouvernement fédéral s’engager résolument, dans le prochain budget fédéral (.) à accroître de façon substantielle les ressources financières du régime de santé ».
Pour la signature des accord de Kyoto
Par ailleurs, les évêques canadiens rappellent qu’en 2002, ils ont publiquement encouragé à trois reprises le gouvernement fédéral à signer le Protocole de Kyoto sur les changements climatiques. « Signer le Protocole de Kyoto est à la fois une nécessaire responsabilité et un symbole de l’engagement du Canada pour la santé du monde », redisent-ils dans leur appel. Les évêques canadiens proposent un large amalgame de mesures politiques, comme « la conversion des subsides fiscaux actuellement accordés pour la production d’énergie conventionnelle en crédits de taxes pour des sources d’énergie plus efficaces, l’imposition de taxes sur le carbone, des subventions aux véhicules énergiquement efficaces, et la promotion du transport de masse urbain public ».
Les évêques se réjouissent, avec la population canadienne, « de voir que le nombre d’enfants pauvres a chuté au Canada, passant de un sur cinq à un sur six pour la première fois depuis 1989 ». Ils relèvent cependant que « la pauvreté infantile a de fait augmenté depuis l’année où le Parlement s’est unanimement mis d’accord pour mettre fin à ce fléau au plus tard en l’an 2000 », et estiment qu’une « volonté plus résolue doit se manifester ». Ils proposent « un soutien accru au revenu par des bénéfices plus complets pour les enfants, la construction de nouvelles unités d’habitation à prix abordable, et une stratégie nationale d’éducation et de soins pour la petite enfance ». Par ailleurs, « un bénéfice fiscal canadien consolidé allant jusqu’à 4’200 dollars par enfant, consenti aux familles sans égard à la source de leur revenu et non » récupéré » par les gouvernements provinciaux, est requis ».
« Performance lamentable » au niveau du développement
Au niveau du « développement outre-mer », les évêques parlent de « performance lamentable » du Canada. Ils souhaitent accroître le budget d’aide au développement de 8% au cours des prochaines années. Ils demandent au gouvernement canadien de « reprendre un rôle de leader pour l’annulation de la dette des pays les plus pauvres, en particulier celle des pays de l’Afrique sub-saharienne ». (apic/com/bb)
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