Côte-d’Ivoire: Rencontre des chrétiens laïcs sur la crise politico- militaire
Abidjan, 18 février 2003 (Apic) Les laïcs chrétiens de Côte-d’Ivoire, réunis au sein d’une association, ont appelé le 14 février à une réconciliation sincère et à un retour de la paix dans leur pays. Méthodistes, évangélistes, catholiques et harristes, s’étaient réunis à Abidjan pour donner leur vision sur la crise politico-militaire qui traverse leur pays depuis le 19 septembre 2002.
Par la voix de leur porte-parole, Auguste Daubrey, les laïcs chrétiens ont exprimé leur adhésion au récent discours du président Laurent Gbagbo appelant à une réconciliation nationale, au respect de l’esprit des accords inter-ivoiriens de paix du 26 janvier dernier à Marcoussis (banlieue parisienne). Toutefois, ont-ils estimé, ces accords ne peuvent être appliqués sans une réelle volonté des différentes parties en conflit, a rapporté lundi « Fraternité Matin » le quotidien gouvernemental.
Les chrétiens ont aussi suggéré une dérogation de certaines dispositions de la constitution, afin de permettre la participation des mouvements rebelles au gouvernement d’union national, tout en plaidant en faveur du repentir et du pardon à tous les niveaux.
Elargir le comité aux représentants du peuple
Il est souhaitable de convoquer d’urgence le comité de suivi de l’accord mis en place à Paris et de l’élargir aux représentants du peuple ivoirien, c’est à dire à l’Assemblée nationale, en qualité d’observateur, a déclaré le porte-parole des laïcs ivoiriens. Daubrey a aussi proposé, au nom de ses camarades, des mesures exceptionnelles pouvant aider à débloquer la situation, afin que le pays sorte de l’impasse, et amener tous les esprits à travers des explications et la patience à adhérer au plan de sortie de crise. « Les Ivoiriens aspirent à la paix et à la dignité », a-t-il indiqué, ajoutant que « cette aspiration profonde doit prévaloir sur toute autre considération ».
Auguste Daubrey a eu du mal à expliquer les tensions qui secouent le pays depuis 1990. « Ces crises, a-t-il dit, ont développé un esprit de violence de plus en plus radical, sanglant et intolérable ». Allant dans le sens du Chef de l’Etat, les laïcs chrétiens disent également oui au plan mis en place à Marcoussis, mais à condition que les points de blocage soient amendés et corrigés afin d’être acceptés sur le terrain. Car remettre totalement en cause ce projet ou le rejeter, c’est recommencer tous les efforts qui ont été entrepris jusque-là pour la réconciliation. (apic/ibc/bb)
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