Faire de la paix un projet de vie

Rome: Jean Paul II invite à prier le rosaire, instrument privilégié de paix

Rome, 21 février 2003 (Apic) Le pape Jean Paul II a appelé les chrétiens à se tourner vers Marie, modèle de l’évangélisation et à réciter le rosaire, « un instrument privilégié pour construire la paix dans le coeur des hommes ». Il s’exprime ainsi dans son message, rendu publique le 21 février, pour la 77ème Journée Mondiale des Missions qui aura lieu le 19 octobre. Cette date sera aussi le jour de la béatification de Mère Teresa, de même que la conclusion de l’année du Rosaire, décidée par le pape pour les 25 ans de son pontificat.

« La guerre et l’injustice naissent dans le coeur divisé », affirme Jean Paul II dans son court message. « Celui qui assimile le mystère du Christ, – et le rosaire vise principalement à cela ­ apprend le secret de la paix et en fait un projet de vie. Si le rosaire rythme notre existence, a-t-il ajouté, il pourra devenir un instrument privilégié pour construire la paix dans le coeur des hommes, dans les familles et entre les peuples ».

« Face aux grands problèmes, face à la douleur innocente, aux injustices perpétrées avec une insolence arrogante, comment devons-nous réagir ? », s’interroge Jean Paul II. « A l’école de Marie, qui est notre Mère, les croyants apprennent à reconnaître dans l’apparent « silence de Dieu » la parole qui retentit dans le silence pour notre salut ».

« Il est urgent de préparer des évangélisateurs compétents et saints, ajoute le pape. Il est nécessaire que la ferveur de s’affaiblisse pas chez les apôtres, en particulier pour la mission ’ad gentes’ ». « Le rosaire, explique ainsi Jean Paul II, s’il est pleinement redécouvert et valorisé, offre une aide spirituelle et pédagogique constante mais en même temps féconde pour former le Peuple de Dieu à travailler dans le vaste domaine de l’action apostolique ».

« Trois objectifs sont indiqués dans le message du pape, une Eglise plus contemplative, une Eglise plus sainte et une Eglise plus missionnaire », a affirmé le 21 février, le cardinal Crescenzio Sepe, préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, au cours de la conférence de presse organisée pour la présentation du message. Ce dernier a été signé par Jean Paul II le 12 janvier, jour de la fête du baptême du Christ et non plus comme les années précédentes, le jour de la fête de la Pentecôte, au mois de juin. « Il s’agit de donner plus de temps aux Eglises locales pour étudier et diffuser le message », a expliqué le cardinal Sepe. SH

Encadré

L’activité de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples

A l’occasion de la présentation à la presse du message du pape pour la 77ème Journée Mondiale des Missions, le 21 février 2003, le cardinal Crescenzio Sepe, préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples a souhaité donner quelques chiffres concernant son dicastère. Ainsi, au 31 décembre 2002, les circonscriptions ecclésiastiques dépendant de la « propaganda » ­ de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples ­ sont 1075, soit 39% de l’ensemble des circonscriptions de l’Eglise catholique. Les circonscriptions sont aussi bien des archidiocèses que des diocèses, des vicariats apostoliques, des missions Sui Iuris, des administrations apostoliques, des ordinariats militaires ou des abbayes territoriales. Concernant les abbayes territoriales, il y en a une seule, située en Corée du Nord.

478 circonscriptions se trouvent en Afrique, 85 en Amérique, 453 en Asie, 14 en Europe et 56 en Océanie. Le cardinal italien a en outre précisé que 85’000 prêtres sont au service de la mission Ad gentes, c’est à dire au service de l’évangélisation dans les pays autrefois dits « de mission ». Par ailleurs, 280 séminaires majeurs inter-diocésains dépendent de la Congrégation, accueillant 65’000 séminaristes et 110 séminaires mineurs accueillant 85’000 séminaristes. Les ordinations sacerdotales sont environ de 1’900 par an.

En ce qui concerne les activités sociales du dicastère, le cardinal a souligné qu’ils avaient à leur charge 42’000 écoles, 1’600 hôpitaux, 6’000 dispensaires et 780 léproseries en plus de 12’000 initiatives caritatives et sociales.

Après ces données structurelles, Mgr Robert Sarah, secrétaire de la Congrégation, a présenté les principaux défis de la mission en Afrique. En premier lieu, l’ancien archevêque de Conakry en Guinée, a insisté sur « les graves situations d’indigence » et « sur les difficultés sociopolitiques non moins complexes ». « Les guerres fratricides et les violences gratuites, a-t- il expliqué, font exploser les familles et déciment les populations, détruisant comme un ouragan les richesses matérielles et les cultures des peuples ».

Sur ce « continent marginalisé sur le plan économique », Mgr Sarah a mis en relief l’importance de la « rencontre entre le message évangélique et les diverses cultures africaines, les religions traditionnelles africaines ». Pour lui, « l’inculturation constitue aujourd’hui le principal défi missionnaire, un véritable défi pastoral », mais ne doit pas être considéré comme une « africanisation face à une occidentalisation du christianisme ». « L’inculturation, a-t-il précisé, n’est pas une canonisation ou un couronnement de la culture au risque de l’absolutiser, mais l’irruption du Seigneur dans le coeur d’un peuple et d’une culture ».

En ce qui concerne l’Asie, Mgr Patabendige Albert Malcom Ranjith, secrétaire adjoint du dicastère, a signalé l’organisation prochaine d’un Congrès missionnaire asiatique qui pourrait donner à l’Eglise en Asie, « un nouvel élan missionnaire ». Il a ainsi souligné l’importance d’une « animation missionnaire plus importante sur le continent » en affirmant que « le continent asiatique préfère les témoins aux maîtres ».

Enfin, pour l’Amérique, le sous-secrétaire Massimo Cenci a insisté sur les défis liés aux sectes, à la culture post-moderne, mais aussi « aux motivations politiques dans la défense des peuples indigènes, qui provoquent souvent une vision erronée de la Révélation et de l’inculturation de l’évangile ».

Répondant à une question sur la situation des missionnaires sur les territoires menacés par la guerre en Irak, le cardinal Sepe a manifesté « l’espérance que cela n’arrive pas », mais, dans le cas contraire, « il faudra les assister de manière particulière », a-t-il précisé sans donner plus de détails.

« La dimension missionnaire est partie intégrante de la vocation des Eglises chrétiennes, catholique ou orthodoxe. Ce n’est pas une option, mais une réalité fondamentale qui se base sur le témoignage », a-t-il ensuite affirmé en répondant à un journaliste qui l’interrogeait sur la mission de l’Eglise catholique en Fédération de Russie.

Le cardinal a enfin évoqué le succès de la vente aux enchères d’objets précieux qui a lieu chaque année au Vatican et que la Congrégation organise pour compléter les fonds financiers destinés aux missions. « Chacun d’entre nous peut y déposer des objets précieux », a-t-il affirmé à l’intention des fidèles qui sont aussi invités à effectuer des dons à l’occasion de la Journée Mondiale des Missions. Le cardinal Sepe a observé une chute de ces dons l’année dernière et pense que cela est lié aux conséquences financières des attentats du 11 septembre. (apic/imedia/sh)

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