Ne pas favoriser l’intérêt pour les sciences occultes
Bucarest, le 21 février (Apic) Les Eglises roumaines se félicitent de l’annulation du projet de 32 millions de dollars pour la création d’un «Parc Dracula» en Transylvanie. Elles ont mis en garde le gouvernement contre toute tentative d’installer le parc ailleurs.
«Nous soutiendrions un parc prévu pour aider au développement économique dans une région particulière», a déclaré Costel Stoica, porte-parole du Patriarcat orthodoxe de Bucarest. «Mais nous ne pouvons accepter que ce parc soit inspiré par un caractère imaginaire qui n’a rien à voir avec l’histoire, la spiritualité ou la culture roumaines.»
Ce projet de ce parc à thème de 104 hectares a reçu le coup de grâce, après qu’une étude financière effectuée à la demande des autorités roumaines eut recommandé en janvier que le parc soit situé ailleurs, rapporte le quotidien roumain «Evenimentul zilei».
Les travaux préparatoires avaient été inaugurés le 5 novembre sur le site, près de Sighisoara, par le ministre du Tourisme Dan Agathon, dans le cadre d’une campagne lancée pour attirer un million de touristes par an. Mais les Eglises orthodoxe, catholique roumaine et luthérienne de Roumanie avaient averti que le projet allait encourager l’intérêt pour les sciences occultes et bouleverser la vie de cette ville.
«Il existe des lieux superbes en Roumanie qu’il faudrait exploiter pour que les touristes affluent – mais surtout pas une fabrication négative qui porterait atteinte aux valeurs morales et perturberait les jeunes», fait remarquer Costel Stoica. Lors d’une interview accordée au correspondant d’ENI, Costel Stoica a rappelé que le mythe de Dracula avait été inventé par l’écrivain irlandais Bram Stoker en 1897, et qu’il ne devrait pas être utilisé pour attirer des touristes en Roumanie.
Le porte-parole a précisé que Vlad Tepes (1430-77), gouverneur de la province de la Valachie, est une «figure roumaine célèbre», qui n’a rien de commun avec le Dracula de la légende. Le nom populaire de «Dracula», provient de l’ordre du Dragon dont faisait partie Vlad Tepes. Cet ordre avait été établi pour défendre la chrétienté contre les Turcs.
Si effectivement le personnage historique du XVe siècle et le héros de Bram Stoker appartiennent à deux mondes différents, il faut rappeler que, selon la légende, le surnom de Vlad Tepes était «l’empaleur». Ce sobriquet, toujours selon la légende, lui avait été donné en raison de son habitude à faire empalé ses ennemis.
Le projet a aussi été dénoncé par des groupes de défense de l’environnement, et par l’UNESCO, qui a porté la ville médiévale de Sighisoara, où est né Vlad Tepes, sur la liste du patrimoine culturel mondial. (apic/eni/sh)
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