«Non au terrorisme et à la logique de guerre»
Rome, 25 février 2003 (Apic) Mgr Jean-Louis Tauran, chargé des affaires étrangères au Vatican, a affirmé le 24 février, que toute «guerre d’agression» serait «un crime contre la paix». Martelant le refus par le Vatican d’une guerre en Irak, «L’Osservatore Romano» publie le 25 février, une première page ou la parole «Mai» (jamais, en italien) est inscrite en plein milieu, en caractères géants.
Invité à s’exprimer sur la paix par un Institut médical catholique italien, Mgr Tauran a cité le paragraphe 4 de l’article 2 de la Charte des Nations Unies pour affirmer que toute «guerre d’agression» serait «un crime contre la paix». «Un texte que personne ne cite ces temps-ci», a-t-il précisé. Ces paroles fortes ont été rapportées par les principaux journaux italiens dans leurs éditions du 25 février. Cette guerre serait «un crime», a-t-il expliqué, si elle était décidé de manière «unilatérale», par «un ou plusieurs Etats», hors du cadre de l’ONU et en l’absence d’une «attaque armée» de la part de l’Irak.
Concernant les armes de l’Irak, Mgr Tauran a précisé que «des arsenaux de destructions massives sont présents non seulement au Moyen Orient, mais aussi dans d’autres régions du monde». Il a ajouté que «leur démantèlement est certainement une impérieuse nécessité», mais qu’il peut être réalisé «grâce au processus d’inspection en cours». Pour lui, une guerre contre l’Irak provoquerait «des dommages disproportionnés au regard des objectifs à atteindre et violerait les règles fondamentales du droit humanitaire international». Le proche collaborateur de Jean Paul II s’est exprimé en syntonie avec la Russie, la France et l’Allemagne qui, le 24 février, ont demandé à l’ONU d’accorder plus de temps aux inspecteurs.
A peine revenu de Serbie le vendredi 21 février, Mgr Jean-Louis Tauran s’apprête dans les prochains jours à partir à Vilnius, en Lituanie, pour une mission de cinq ou six jours. C’est à Vilnius que le 5 février dernier, 10 pays ex-communiste et en attente d’entrer dans l’Union Européenne ont publié un document manifestant leur appui total à la politique du président Bush.
En outre, le quotidien officiel du Saint-Siège a imprimé un immense «Mai» (jamais, en italien) sur sa «Une», sous lequel est écrit: «Non au terrorisme et à la logique de guerre». Il reprend ainsi les paroles prononcées par le pape lors de l’Angélus du dimanche 23 février et affirme que ce «Jamais» est devenu «la dernière parole de la paix». (apic/imedia/sh)
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