Turquie: Amnesty International dénonce les violences contre les femmes en détention
Londres, 26 février 2003 (Apic) Amnesty International (AI) publie le 26 février un rapport qui dénonce « les très nombreux cas de violences sexuelles à l’encontre de femmes détenues en Turquie ». Ces actes sont perpétrés par les membres des forces de sécurité de l’Etat, soutient le mouvement de défense des droits de l’homme.
Le rapport est intitulé « Turquie. Halte aux violences sexuelles contre les femmes en détention! » Des prisonnières issues de tous les milieux sociaux et culturels sont brutalisées, agressées et violées, dénonce AI. Certaines catégories sont particulièrement exposées, notamment les femmes d’origine kurde vivant dans le sud-est du pays et celles qui défendent des opinions politiques jugées inacceptables par le gouvernement.
Selon Amnesty International, des représentants de l’Etat utilisent le viol et les violences sexuelles comme torture, en sachant pertinemment que les victimes seront peu disposées à dénoncer ces actes. En Turquie, rappelle le mouvement, il est toujours extrêmement difficile pour les femmes victimes de sévices sexuels de parler et d’obtenir justice, car la discrimination et l’ostracisme, ainsi que la notion d’honneur, concourent à les réduire au silence.
Selon les informations récoltées par AI, il est courant que des policiers déshabillent entièrement les femmes au cours des interrogatoires menés en garde à vue ou en prison. Dans ces situations, les femmes sont fortement exposées aux violences et aux humiliations.
Enquête auprès de 100 femmes
Au cours d’entretiens réalisés auprès de plus de 100 femmes détenues dans les prisons de Diyarbakir, Mu, Mardin, Batman et Midyat, l’Association des avocates de Diyarbakir a établi que presque toutes avaient dû effectuer un test de virginité et avaient enduré des violences sexuelles, verbales ou physiques, au cours de leur garde à vue. Certaines sont contraintes de fuir leur foyer, avec ou sans leur famille, dénonce AI. Nombre d’entre elles choisissent de se taire, parce qu’elles sont convaincues que qu’une dénonciation ne débouchera pas sur une punition des responsables. En outre, les femmes qui s’expriment sur leur calvaire sont couramment poursuivies en justice, menacées d’emprisonnement ou incarcérées. Les avocats qui les représentent endurent eux aussi des persécutions de la part de leur entourage, de l’Etat et des médias.
Le rapport publié aujourd’hui se fonde sur des recherches menées tout au long de l’année 2002 par Amnesty International, notamment lors de ses visites en Turquie, en juin et septembre. Depuis son achèvement, un nouveau gouvernement a pris le pouvoir. Amnesty International l’invite à « entreprendre des réformes de grande ampleur pour que cessent les violences sexuelles contre les femmes ». (apic/com/bb)
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