Après un an et demi d’évaluation politique

Chine: Le grand séminaire de Shijiazhuang peut à nouveau accueillir des étudiants

Hebei, 27 février 2003 (Apic) Après une période d’un an et demi d’évaluation politique par les autorités chinoises, le grand séminaire «officiel» de Shijiazhuang a été à nouveau autorisé à accueillir des étudiants.

L’agence EDA informe que le séminaire de Shijiazhuang, le grand séminaire «officiel» interdiocésain desservant les six diocèses de la province du Hebei, a repris ses activités normales après une période d’évaluation concernant l’éducation politique et la gestion de l’institution, évaluation commencée dix-sept mois plus tôt par les autorités de la province du Hebei.

Selon le Père Ma Yinglin, nouveau recteur du séminaire et par ailleurs secrétaire général de la Conférence épiscopale catholique «officielle», le séminaire va recommencer à accueillir des étudiants et une nouvelle promotion est attendue pour septembre prochain.

Le Père Ma Yinglin explique qu’une telle procédure est normale en Chine où il est courant que les instituts de formation soient ainsi évalués par les autorités. Cependant, tout en reconnaissant qu’une telle évaluation «prend généralement moins de temps», il n’a pas donné d’explications convaincantes, estime EDA, justifiant la durée de l’inspection à laquelle a été soumis le séminaire de Shijiazhuang.

Mgr Liu Jinghe, évêque «officiel» de Tangshan (Yongping) et nouveau président du séminaire, a précisé quant à lui que, durant la procédure d’évaluation, les cours dans les deux sections du séminaire, philosophie et théologie, n’avaient pas été interrompus.

A Hongkong, lors d’une rencontre le 17 février dernier avec les journalistes du Club des correspondants étrangers, l’évêque du diocèse, Mgr Joseph Zen Ze-kiun, a évoqué la situation du séminaire de Shijiazhuang. Si, en apparence, la situation de l’Eglise catholique en Chine continentale s’est améliorée, le contrôle exercé par les autorités s’est en fait resserré, a-t-il déclaré. Mgr Zen a ajouté que «les jeunes prêtres d’aujourd’hui sont moins enclins à obéir aux autorités chinoises que les prêtres âgés» et, de ce fait, le gouvernement «persécute les séminaires».

Education des séminaristes au patriotisme

Selon le service d’information catholique «Xinde», l’évaluation menée au grand séminaire, qui a débuté le 3 septembre 2001, devait à l’origine durer deux mois seulement. Son objectif, élaboré à partir d’un document de l’Administration centrale des Affaires religieuses, consistait à renforcer et améliorer la formation dispensée dans les instituts religieux, «Renforcer en la redressant» la direction du séminaire, améliorer le contenu de son programme d’éducation politique et vérifier les procédures de recrutement des séminaristes.

Selon Xinde, les séminaristes ont commencé ce programme par un entraînement militaire de neuf jours. Ils ont ensuite été envoyés visiter Xibaipo, dans le district de Pingshan (Hebei), lieu où Mao Zedong et ses troupes ont installé leur dernière base avant de prendre le pouvoir et de s’installer à Pékin en 1949. Le rapport du service catholique d’information précise que les séminaristes ont étudié la «théorie des trois représentations» du président Jiang Zemin.

Toujours selon cette source, les étudiants au cours de la phase «d’éducation intense» sont allés à Pékin assister à une cérémonie de levée du drapeau national, et visiter différents monuments du siècle dernier, afin de comprendre «comment le peuple chinois ne peut se libérer de l’oppression que lorsque la nation est riche et puissante». Durant la troisième phase, «d’évaluation», un moine bouddhiste est venu les entretenir au sujet de l’adaptation de la religion à la société et de l’importance de ce processus.

Durant le même temps, des missions semblables ont été menées auprès de l’Association patriotique des catholiques du Hebei, de la Commission provinciale pour les Affaires de l’Eglise catholique et de l’ensemble des services proposés par «Xinde» (service d’information, site Internet et maison d’édition). Dans ces différentes institutions, on a cherché à «accroître la connaissance du patriotisme et du socialisme».

Fondé en 1984, le grand séminaire interdiocésain de Shijiazhuang a formé à ce jour plus de 300 prêtres. Rénové et agrandi en 1997, il peut accueillir un maximum théorique de 120 étudiants. Vingt-neuf séminaristes y poursuivent actuellement leurs études et trente autres sont en stages, en paroisse ou ailleurs. (apic/eda/sh)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/chine-le-grand-seminaire-de-shijiazhuang-peut-a-nouveau-accueillir-des-etudiants/