Côte-d’Ivoire: Le président se défend d’utiliser des escadrons de la mort
Dakar, 2 mars 2003 (Apic) Laurent Gbagbo, président de Côte-d’Ivoire, a appelé le 1er mars les organisations religieuses et ethniques a ne pas «s’emparer de l’affaire des escadrons de la mort». Se défendant de recourir à des paramilitaires, il a ainsi réagi aux déclarations des dirigeants du Conseil Islamique Supérieur. Selon eux, ces escadrons de la mort visent les musulmans du pays.
Les escadrons de la mort sont constitués de groupes d’hommes armés et habillés en tenues militaires, mais non identifiés qui enlèvent et tuent, depuis cinq mois, des personnalités opposées au pouvoir. Une mission d’enquête de l’ONU a confirmé, le mois dernier, l’existence de ces meurtriers anonymes. Ce sont des proches du pouvoir, a-t-elle conclu.
Selon le président, depuis l’éclatement des troubles politico-militaires dans le pays, le 16 septembre 2002, il y a plusieurs milliers de morts en Côte-d’Ivoire. il est difficile de connaître, parmi ces victimes, le nombre de chrétiens, d’animistes et de musulmans.
Le chef de l’Etat ivoirien qui s’est montré très ferme, a affirmé être «prêt à en découdre avec ses adversaires», dénonçant leur acharnement sur lui depuis son arrivée au pouvoir, en octobre 2000. Toujours selon le président, toutes les actions attribuées aux escadrons de la mort ont lieu à chaque fois le gouvernement était prêt à franchir un nouveau pas en direction de la paix.
Pour le multiconfessionnalisme
Parallèlement à la conférence de presse du président Gabgbo, se tenait le Conseil Consultatif du Conseil National Islamique de Côte-d’Ivoire (Ccnici). Le président du Conseil national Islamique de Côte-d’ivoire (Cnici), l’imam Idriss Khoudouss Koné, a réitéré ses critiques à l’égard des escadrons de la mort. La communauté musulmane «se sent viser et indexer dans la crise», a-t-il réaffirmé.
Dans des propos rapportés par la BBC, il a fait remarquer que les musulmans de son pays sont diabolisés. «On dirait que c’est cette communauté qui a pris les armes contre l’Etat», a-t-il souligné, déplorant les nombreuses exactions dont ils sont victimes. Le pouvoir, a-t-il poursuivi, croit que les musulmans veulent faire de la Côte-d’Ivoire un pays islamique. «Nous ne l’avons jamais demandé et ne le demanderons jamais», a-t-il indiqué, rappelant que la Côte-d’Ivoire est un pays multiconfessionnels et multiethniques.
«Rares sont les familles musulmanes où les gens dorment en toute quiétude, à cause de la peur créée par des éléments incontrôlés des escadrons de la mort2, a-t-il dit, dans une autre déclaration recueillie par la correspondante de Radio France internationale (Rfi). Il a accusé les forces de sécurité d’avoir créer, «en toute impunité, l’insécurité et le désordre». La réunion du Cnici a été organisée après l’assassinat de trois dignitaires musulmans, entre janvier et février derniers par les escadrons de la mort. Il s’agit de Mahmoud Samassi, Mohamed Lamine Sangaré et Fany Moï. (Apic/ibc/sh)
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