Washington: Le cardinal Pio Laghi a remis à G. Bush le message du pape Jean Paul II
Washington, 6 mars 2003 (Apic) Le président Bush a reçu mercredi à Washington le cardinal Pio Laghi, sans pour autant entendre le message de paix de l’émissaire de Jean Paul II.
Le cardinal Laghi a néanmoins redit qu’une guerre contre l’Irak hors du cadre des Nations Unies serait « illégale et injuste », après avoir remis le message du pape au président des Etats-Unis. L’entretien entre les deux hommes a duré une trentaine de minutes.
Pour G. Bush, demeuré sourd aux arguments de paix de l’envoyé du pape, « le monde serait un meilleur endroit si Saddam Hussein acceptait de désarmer ».
Mercredi, au cours de l’audience générale, premier jour du carême, le pape avait une nouvelle fois appelé tous les dirigeants du monde à « un effort commun pour éviter à l’humanité un autre conflit dramatique ». Un langage que le chef de la Maison Blanche se refuse à écouter. Washington redouble en effet d’efforts pour tenter de convaincre ses partenaires du Conseil de sécurité de l’Onu de donner leur feu vert à l’usage de la force contre l’Irak. A la guerre.
Jean Paul II est « très très très préoccupé » face à la perspective d’une nouvelle guerre contre l’Irak mais continue à nourrir « beaucoup d’espoir », a commenté l’émissaire du pape au cours d’une conférence de presse tenue au « Nation Press Club », peu après sa rencontre avec Bush.
Le pape, a déclaré le cardinal, nourrit des préoccupations car un conflit dans le Golfe aurait des « conséquences de destructions surtout pour le peuple irakien, de déstabilisation du Moyen-Orient et de division entre l’Islam et la Chrétienté ».
Face aux journalistes, l’émissaire du pape s’est refusé à dévoiler le contenu du message du pape, hormis sa partie finale: « Je vous assure, Monsieur le Président que je prie pour vous et pour l’Amérique et que dans mes prières, je demande au Seigneur de vous guider dans la recherche de la paix ».
Le cardinal Laghi a rappelé la position du Saint Siège à propos de la crise irakienne, à savoir que « le gouvernement de l’Irak est tenu de respecter pleinement et complètement ses propres engagements internationaux sur les droits de l’Homme et le désarmement, comme prévu par les résolutions de l’ONU, et que de tels engagements et leur respect doivent continuer à être poursuivis dans le cadre des Nations Unies ».
Le Saint Siège, a observé l’envoyé du Pape, « continue à considérer que des voies pacifiques existent encore dans le contexte du vaste patrimoine de lois et institutions internationales qui existent à de telles fins ». (apic/imedia/pr)
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