Lucerne : 7ème Fête des journalistes catholiques de Suisse
Lucerne, 9 mars 2003 (Apic) Walter Müller, rédacteur au service de langue allemande de l’agence APIC, sera dès 2004 le nouveau président de l’Association suisse des journalistes catholiques (ASJC). Il a été élu samedi 8 mars lors de la 7ème Fête des journalistes catholiques qui s’est déroulée au Centre de culture et de congrès de Lucerne. Il succède au Père Bruno Holtz, qui occupe cette fonction depuis 9 ans.
Après 3 périodes à la tête de l’organisation forte de 135 membres, le Père Holtz, de Fribourg, désirait passer la main à des forces plus jeunes. Il a accepté de présider l’ASJC ad intérim encore un an, avant que Walter Müller n’en reprenne les rênes. La biennoise Christiane Gschwind, rédactrice à l’ « Angelus », le journal des paroisses de la région de Bienne, a également été élu au comité de l’ASJC. Trois membres se sont retirés du comité : Jacques Berset, Marie-Claude Fragnière et Brigitte Valterio.
Cette année, après plusieurs exercices déficitaires, les comptes de l’association ont pu boucler avec un bénéfice de quelque 4’400 francs, grâce à un don d’une fondation, d’un montant de 10’000 francs. Quant au Fonds du Prélat Meier, dont le capital se monte à 303’000 francs, il boucle également avec un bénéfice de 3’000 francs. Conformément à ses buts, le Fonds a versé l’an dernier 6’000 francs pour subventionner la formation professionnelle de jeunes journalistes.
Trois rédacteurs en chef honorés
A l’occasion de la fête intitulée «Nous sommes des bâtisseurs de ponts», trois rédacteurs en chef – dont deux mènent une retraite active – ont été accueillis comme membres d’honneur de l’ASJC.
Doyen des rédacteurs en chef en poste – il occupe cette fonction depuis le 1er janvier 1979 – , le Jurassien Pierre-André Chapatte, « un Franc- Montagnard natif du Noirmont passionné par le journalisme et la création du canton du Jura », a été honoré par l’ASJC pour son ouverture et son travail guidé par une éthique chrétienne et citoyenne. Après avoir été éditeur et rédacteur en chef du Pays de Porrentruy, il est devenu, après la fusion de son journal avec le Démocrate de Delémont, rédacteur en chef du nouveau journal, le Quotidien Jurassien.
Le Tessinois Enrico Morresi – il fut rédacteur en chef du « Corriere del Ticino », mais également journaliste à la télévision et à la radio de Suisse italienne – est une véritable «institution» sur le plan médiatique au Tessin et bien au-delà. Ancien président de la Fédération Suisse des Journalistes, il préside encore aujourd’hui le Conseil de fondation du Conseil suisse de la presse. Il a défendu durant toute sa carrière non seulement les valeurs de l’éthique professionnelle, mais il également pris la défense des lecteurs et milité pour la tolérance envers ceux qui pensent différemment.
Le journalisme, un service à la communauté, pas un moyen de propagande
Bien qu’à la retraite depuis 1999, il reste actif sur de nombreux plans, que ce soit au niveau culturel, professionnel ou ecclésial. Il a également été fait membre d’honneur pour sa « recherche passionnée de vérité, d’ouverture et de valeurs chrétiennes ». Chrétien engagé, le journaliste tessinois s’est qualifié de « catholique prêté au journalisme » pour avoir toujours refusé de faire de sa tribune médiatique un instrument d’apologétique. Il dit apprécier que depuis Vatican II, on considère dans l’Eglise le journalisme davantage comme un service à la communauté plutôt que comme un moyen de propagande.
Ancien rédacteur en chef de feu le quotidien catholique « Die Ostschweiz » à St-Gall, le Haut-Valaisan Marco Volken a débuté sa carrière à l’agence télégraphique suisse (ats), avant de travailler pour un temps au « Walliser Bote », où sa position face à l’encyclique de Paul VI « Humanae Vitae » et à la contraception lui vaudra les foudres du clergé haut-valaisan. Une pression qui l’incitera à aller exercer ses talents journalistiques à Lucerne puis à St-Gall. Là, dans l’affaire du Säntis Park, un projet de la Migros qu’il critiqua, il devra faire face au boycott de ce puissant annonceur, défendre la liberté journalistique et la séparation entre la partie rédactionnelle du journal et la partie commerciale.
Pour un journalisme chrétien engagé et solidaire
Dans son allocution de fête, Soeur Ingrid Grave, ancienne modératrice à la télévision suisse alémanique, a également plaidé pour un journalisme chrétien qui réclame courage, souci de la vérité, de la solidarité et de la tolérance. Un défi, notamment face à l’avenir de l’Europe qui, avec l’arrivée de l’islam, ne ressemble plus à cet ensemble chrétien que l’on se représentait après la Deuxième guerre mondiale. La dominicaine d’Ilanz a relevé que pour elle, le journalisme chrétien signifie bien davantage qu’écrire uniquement sur les affaires internes à l’Eglise. « Le/la journaliste chrétien/ne porte une responsabilité pour que les valeurs chrétiennes fondamentales soient entendues dans le public. C’est seulement ainsi qu’elles restent dans la conscience des hommes et déterminent leur action ».
L’ASJC a encore décerné son Prix Médias national 2003 au journaliste burundais Déo Négamiyimana, ancien chargé de communication de la Conférence des évêques du Burundi, aujourd’hui réfugié en Suisse. Il a été récompensé pour un reportage intitulé « Suisse, ton identité fiche le camp ! » JB
Encadré
Opus Dei: Toujours rien sur la censure imposée au Père Longchamp
L’an dernier, à la demande de François Gross, ancien rédacteur en chef de « La Liberté », l’ASJC était intervenue pour protester contre la muselière imposée au Père jésuite Albert Longchamp, qui s’est vu imposer par Rome en 1981 une « interdiction absolue » de parler de l’Opus Dei.
Cette sanction d’un autre âge est peut-être tombée en désuétude – officiellement on n’en trouve pas trace dans les archives de la Compagnie de Jésus – mais elle n’a en tout cas jamais été formellement levée. Directeur et rédacteur en chef de l’hebdomadaire chrétien « Echo Magazine », et directeur du mensuel jésuite Choisir, à Genève, Albert Longchamp devrait absolument retrouver sa liberté de parole et d’écriture en ce qui concerne l’Opus Dei, estimaient les membres de l’ASJC
Samedi, le Père Longchamp a déclaré que dans cette affaire, « tout le monde s’est défilé »: l’Opus Dei, qui jure n’avoir jamais réclamé une telle mesure contre le journaliste jésuite, et la compagnie de Jésus, qui nie également qu’une telle interdiction ait jamais existé. Albert Longchamp avait demandé une audience l’an dernier au maître général à Rome, « mais on n’a pas daigné me recevoir. par contre, on m’a donné la consigne de ne rien écrire contre la canonisation du fondateur de l’Opus Dei, Escriva de Balaguer ! » (apic/be)
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