La paix, un château de sable à reconstruire sans cesse

Jérusalem: Le cardinal Martini sort de son silence sabbatique

Rome, 12 mars 2003 (Apic) Le cardinal Carlo Maria Martini est sorti de son silence «sabbatique», depuis Jérusalem, pour s’exprimer à propos de la situation internationale. Pour lui, la paix est comparable à «un château de sable à protéger et à reconstruire toujours, avec une infinie patience».

Dans son intervention ­ publiée en première page de l’Osservatore Romano du 12 mars ­ l’ancien archevêque de Milan souligne que «la paix a un coût», mais que si notre société «veut sincèrement la paix, mais ne sait pas se décider à en payer le prix (.). Cela signifie qu’il faut être disposé à payer un prix et à renoncer aussi à quelque chose auquel on aurait droit. Il ne suffit pas d’invoquer la paix. Il fait être disposé à sacrifier quelque chose pour ce grand bien, et non pas seulement au niveau personnel, mais aussi au niveau des groupes, des peuples et des nations». Il a ainsi invité les hommes «à dépasser le point de vue strictement éthico-politique pour accéder à celui prophétique caractérisé par la phrase de l’évangile : Tend l’autre joue!».

«La paix n’est jamais un édifice solide, a-t-il ajouté, construit fermement une fois pour toute, mais elle ressemble plutôt à un château de sable à protéger et à reconstruire toujours, avec une infinie patience». Le cardinal Martini a ainsi souligné que «toute volonté constructive de paix se heurte à l’inéluctable agressivité humaine, avec le désir exprimé par beaucoup d’entre nous de posséder les biens du voisin, d’avoir plus et mieux que l’autre, agissant s’il n’y a pas d’autres moyens, avec la force».

«Oui, a-t-il conclu, la paix ne peut qu’être le fruit de la justice. Mais la paix de ce monde ne sera pas seulement le résultat d’une justice du monde parfaite – qui n’existera jamais dans les actuelles conditions historiques embrouillées ­ mais elle sera le fruit de cette justice qui est accessible au prix de sacrifices et de renoncements singuliers et communs en vue d’un bien commun plus haut. La paix est une oeuvre de justice qui participe de la justice divine, d’une justice qui est aussi pardon, miséricordieuse, qui réhabilite et qui est capable de pardonner les torts subis». (apic/imedia/bb)

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