6,4 millions de francs en deux mois et demi

Genève: Succès inespéré de la campagne financière controversée de l’Eglise catholique

Genève, 18 mars (APIC) Heureux du résultat inespéré de 6,4 millions de francs récoltés en deux mois et demi, Mgr Pierre Farine entend continuer dans cette voie le redressement des finances de l’Eglise catholique à Genève. Cette arrivée de fonds bienvenue est le résultat d’une campagne de communication «coup de poing», qui bien que controversée s’est avérée payante.

«En général, nous utilisons un langage plus doux. C’était un message coup de poing, inattendu de la part de l’Eglise catholique. Il pouvait perturber les fidèles», reconnaît Mgr Pierre Farine, évêque auxiliaire à Genève. Pourquoi avoir  »osé» se lancer dans une opération risquée ? «A cause d’une situation financière préoccupante, voire catastrophique».

A la différence des autres cantons suisses, l’Etat de Genève n’accorde strictement aucune subvention aux Eglises. Celles-ci ne peuvent donc compter que sur la générosité des fidèles. Or les catholiques du canton étaient de moins en moins nombreux à payer leur contribution ecclésiastique facultative.

Les causes de cette rapide érosion ? On ne les connaît pas précisément, mais elles tiennent surtout à l’âge moyen élevé des contributeurs. Il y a aussi une poignée de mécontents, fâchés contre l’Eglise, la masse des indifférents et des personnes en difficulté dont on comprend qu’elles ne s’acquittent que d’une partie de leur écot. Il apparaît cependant que bien des gens ne faisaient pas preuve de mauvaise volonté, mais n’apportaient pas leur contribution par oubli ou parce qu’étrangers ou venant d’autres cantons, ils ignoraient cette particularité genevoise. Il s’agissait donc de provoquer une prise de conscience, notamment dans les jeunes générations, en posant clairement cette question : «Etes-vous vraiment prêts à vous passer de prêtres et à voir les églises se fermer peu à peu ?» 

L’Eglise sort de sa tour d’ivoire

Premier impact de cette campagne, auquel Mgr Farine ne s’attendait pas, un vif débat au sein de l’Eglise, avec une salve de critiques (»Vous devenez comme McDonalds») et des approbations. «Pour une fois, nous disait-on, l’Eglise sort de sa tour d’ivoire».

Il y a donc bien eu prise de conscience. Et elle s’est traduite en espèces sonnantes et trébuchantes. De la mi-octobre au 31 décembre 2002, on a reçu pour 6,4 millions de francs de dons et de contributions ecclésiastiques, nettement plus que l’année précédente. Dont 1,6 million versés par 5’900 personnes qui ont utilisé les bulletins distribués pendant la campagne. Ce n’est pas terminé, puisque des contribuables reçoivent encore en ce moment des bordereaux, en raison des retards entraînés par le changement de calcul de l’impôt.

Ces résultats, qualifiés de «fantastiques» et de «presque inespérés», soulagent Mgr Farine qui exprime sa gratitude. Ils permettent de repourvoir des postes vacants, comme celui de l’Aumônerie de l’Université. Ou de rassurer des permanents laïcs qui se demandaient s’ils devaient chercher un emploi ailleurs. Ou encore de prévoir, faute d’une relève locale suffisante, le recrutement de prêtres étrangers, ce qui complétera une palette de nationalités à l’image de la population genevoise.

Gagner aux impôts

«Pouvons-nous dire ouf et mettre les mains dans les poches ? demande Mgr Farine. Non, il s’agit maintenant de faire que sorte que cette prise de conscience se perpétue et que les fidèles ne se contentent pas d’un don unique». C’est pourquoi une nouvelle campagne est lancée au moment où les contribuables remplissent leur déclaration fiscale. Le slogan «Un don, c’est 100 % de chance de gagner aux impôts» rappelle que dons et contributions ecclésiastiques sont déductibles du revenu imposable. On attire par ailleurs l’attention des donateurs sur le fait qu’en versant leur obole directement à l’Eglise, celle-ci la touche intégralement, alors que le fisc prélève une commission de 2 %.

Par ailleurs, toujours avec le concours des mêmes agences de communication et de relations publiques, l’Eglise catholique de Genève étudie une série d’opérations destinées à maintenir la mobilisation des catholiques du canton, comme une lettre envoyée régulièrement à l’ensemble des fidèles.

Protestants et catholiques chrétiens connaissant de semblables problèmes, les Eglises ne pourraient-elles pas effectuer de telles campagnes de concert ? «Nos sensibilités étant différentes, il aurait fallu de longues discussions pour mettre au point une campagne commune aussi percutante», répond Pierre Regad, secrétaire général.  Cependant, on souhaite que les campagnes menées séparément par les Eglises se rencontrent à un moment donné pour faire un bout de chemin ensemble. MB

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(apic/mba)

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