Des dizaines de milliers de soutiens affluent au Vatican

Rome: Jean Paul II lance un ultime mais discret appel à la paix

Rome, 19 mars 2003 (Apic) Alors que le compte à rebours ne laisse plus que quelques heures de répit à la population irakienne avant l’attaque américaine qui semble de plus en plus probable, Jean-Paul II a profité de l’audience générale du 19 mars pour lancer un discret appel à la paix. L’opposition du pape à une guerre en Irak est particulièrement soutenue ces derniers jours par des dizaines de milliers de personnes qui téléphonent ou envoient des e-mails. Le standard du Vatican a même fait ’tilt’ le 18 mars.

A quelques heures de la fin du dernier ultimatum lancé par les Etats-Unis au gouvernement irakien – qui se terminera à 2h00 GMT, le 20 mars -, Jean Paul II s’est contenté d’un appel discret à la paix devant plus de 12’000 fidèles rassemblée sur la Place St-Pierre. Evoquant St-Joseph, il l’a prié «de veiller sur l’entière communauté ecclésiale et, en tant qu’homme de paix, d’obtenir pour l’entière humanité, spécialement pour les peuples menacés en ces heures par la guerre, le précieux don de l’entente et de la paix». S’adressant à un groupe de pèlerins italiens porteurs de la «flamme de la paix» qui vient de terminer un tour du monde en faveur de la paix, Jean Paul II a souhaité que «cette initiative, en ces heures d’anxiété pour la paix, contribue à raviver dans les âmes une volonté décisive de concorde et de réconciliation».

La veille, il avait fait dire par l’intermédiaire de son porte-parole, Joaquin Navarro-Valls, que «celui qui décide que tous les moyens pacifiques mis à disposition par le droit international sont épuisés, prend sur lui une grave responsabilité face à Dieu, à sa conscience et à l’histoire».

Au cours d’une conférence de presse, le secrétaire d’Etat américain Colin Powell, a réagi quelques heures plus tard en affirmant «comprendre l’inquiétude du Vatican» face à la perspective d’une guerre en Irak, «mais il y a parfois des actions qui ne peuvent pas être évitées lorsque nous aimons la paix». Le numéro un de la diplomatie américaine a par ailleurs affirmé avoir joint par téléphone Mgr Jean-Louis Tauran, ’ministre des Affaires étrangères’ du Vatican, pour affirmer que «toutes les précautions ont été prises pour éviter des victimes civiles».

Des conséquences imprévisibles

Interrogé par le quotidien italien «La Repubblica», le 19 mars, le président du Conseil pontifical Justice et Paix, Mgr Renato Martino, s’est pourtant montré très pessimiste, quant à l’issue de la crise. «J’ai peur des conséquences que nous ne pouvons pas encore prévoir», confie-t-il. «Nous sommes en train de risquer un ’incendie’ qui pourrait se diffuser à travers tout le Moyen Orient, en semant la haine et l’inimitié contre la civilisation occidentale perçue comme l’envahisseur».

L’ancien ambassadeur du Saint-Siège aux Nations-Unies soutient en outre que «maintenant que l’ONU ne peut plus tenir la route, nous voyons ce qui arrive: nous sommes contraints à l’intervention armée et dans peu de temps nous devrons ensevelir des pauvres morts».

Le standard du Vatican a fait ’tilt’

La position du souverain pontife dans le cadre de la crise irakienne a été soutenue par de nombreuses personnes. Le 18 mars, le standard téléphonique du Vatican a ainsi fait ’tilt’ en raison du trop grand nombre d’appels. Selon les journaux italiens, la plupart de ces personnes «veulent manifester leur soutien au pape dans sa volonté de résoudre la crise irakienne sans avoir recours à la guerre».

Les religieuses de la centrale téléphonique ont reçu pour consigne d’inviter ces personnes «à prier pour la paix» et à envoyer un fax à la secrétairerie personnelle de Jean Paul II «pour lui faire part directement de leur soutien». Des milliers d’e-mails ont également été reçus sur le site officiel du Vatican, appelant principalement le pape à se rendre en Irak pour arrêter la guerre. (apic/imedia/bb)

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