Canada: Les autochtones anglicans rejettent l’accord entre l’Eglise et le gouvernement
Vancouver, 19 mars 2003 (Apic) Des autochtones anglicans canadiens viennent de rejeter l’accord signé par l’Eglise et l’Etat concernant le règlement des plaintes déposées par d’anciens pensionnaires d’internats. Selon l’accord signé le 11 mars, le versement des indemnités aux victimes d’abus sexuels et physiques dans les écoles, de 1820 à 1969, devrait être réparti entre l’Eglise et le gouvernement fédéral.
Le Conseil anglican autochtone – une association établie par l’Eglise qui représente ses 27’500 membres autochtones – a rejeté cet accord en avançant qu’il ne concerne pas les plaintes pour abus émotionnels ou culturels. C’est ce qu’a indiqué Andrew Wesley, coprésident du Conseil au journal « Ottawa Citizen ». L’accord, a-t-il dit, exige des élèves de ces internats qu’ils renoncent à d’autres indemnités pour la perte de leur langue et de leur culture afin de percevoir les indemnités pour les abus sexuels et physiques. « Nous n’allons pas vendre les droits que nous avons acquis en naissant pour quelques dollars », aurait-il dit au journal.
Avant la signature de l’accord, des membres du Conseil ont rencontré le primat de l’Eglise anglicane, l’archevêque Michael Peers, et lui ont présenté leurs objections, mais il leur a été répondu que les 30 diocèses de l’Eglise avaient déjà approuvé l’accord.
Contacté par l’agence oecuménique ENI, l’archidiacre Jim Boyles, secrétaire général du synode de l’Eglise a déclaré que « nous nous sommes engagés à répondre à ces problèmes en encourageant le gouvernement à développer des programmes de soutien à la langue et à la culture autochtones et en améliorant les nôtres. »
Plus de 12’00 plaintes au total
Plus de 12’000 plaintes portant sur des abus sexuels, émotionnels, physiques ou culturels ont été déposées contre le gouvernement et quatre Eglises, entre autres l’Eglise anglicane, qui administraient ces internats au nom du gouvernement. Selon l’accord passé avec le gouvernement, l’Eglise anglicane du Canada versera 30% du montant des indemnités – jusqu’à 25 millions de dollars canadiens (17 millions de dollars EU) – pour régler les 2’200 cas d’abus physiques ou sexuels où elle est impliquée.
Le ministre Ralph Goodale, qui a signé l’accord avec l’archevêque Peers, a défendu la position du gouvernement, en soulignant qu’aucun tribunal n’avait accordé d’indemnités pour perte de culture ou de langue. Le gouvernement fédéral a promis de dépenser 172,5 millions de dollars canadiens pour des programmes de soutien à la culture et à la langue autochtones. (apic/eni/bb)
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