Parmi eux, un Français et une Suisse
Rome, 20 mars 2003 (Apic) Le pape Jean Paul II béatifiera cinq «serviteurs de Dieu», le 23 mars 2003 sur la Place Saint-Pierre. Parmi les candidats à la sainteté, figurent un Français, le Père Pierre Bonhomme, une Suissesse, Maria Caridad Brader, et deux Espagnoles, tous fondateurs d’ordres religieux, ainsi qu’un laïc hongrois.
Pierre Bonhomme (1803-1861) est né à Gramat, dans le diocèse de Cahors, en France. Entré au petit séminaire en 1818, puis au séminaire majeur en 1824, il est ordonné prêtre à l’âge de 24 ans. En 1831, il ouvre une école préparatoire pour les élèves qui veulent entrer au séminaire majeur et quelques mois plus tard, en 1832, il fonde la Congrégation des Filles de Marie. Alors qu’il est curé de paroisse, il fonde également l’Institut Notre-Dame du Calvaire, ayant comme objectifs l’éducation des enfants, ainsi que l’assistance aux pauvres, aux personnes âgées et aux personnes handicapées. Pierre Bonhomme sera, le 23 mars, le premier prêtre diocésain du diocèse de Cahors à être béatifié.
A ses côtés, sera béatifiée une missionnaire suisse, Maria Caridad Brader (1860-1943), originaire du canton de Saint-Gall. Née à Kaltbrunn, elle entre en 1881 au couvent franciscain d’Altstätten, qui dirigeait alors un collège. A la fin du 19ème siècle, alors que les évêques missionnaires ont eu la permission de demander de l’aide aux religieuses cloîtrées pour partir évangéliser dans les pays de mission, Maria Caridad Brader accepte de s’engager avec six autres soeurs en Equateur. En 1893, cinq ans plus tard, elle est transférée en Colombie. Là, elle fonde la Congrégation des Franciscaines de Marie Immaculée, principalement consacrée à l’éducation des plus pauvres. Le 23 mars, la jeune Giovanna Mercedes Melo Diaz, guérie d’une encéphalite aiguë par l’intercession de la future bienheureuse, sera présente sur la Place Saint-Pierre.
Maria Dolores Rodriguez Sopena (1848-1918), est originaire d’Espagne. Très jeune, elle commence à ouvrir des centres d’instruction dans lesquels elle enseigne le catéchisme et la culture de base aux plus pauvres. Partis de la banlieue de Madrid, ces centres s’étendent rapidement dans près de 30 villes espagnoles. En seulement quatre ans, elle effectue près de 200 voyages pour répondre aux besoins de plus en plus nombreux. Pour trouver de la main d’oeuvre, elle créé une association de laïcs, puis un Institut religieux, appelé aujourd’hui l’Institut catéchétique Dolores Sopena. Actuellement, ces oeuvres sont présentes principalement en Espagne, mais aussi en Italie et en Amérique du sud.
Un laïc hongrois
Une autre Espagnole sera béatifiée par Jean Paul II. Il s’agit de Juana Maria Condesa Lluch (1862-1916), née à Valence. Elle a 18 ans lorsqu’elle décide de se mettre au service des jeunes filles ouvrières. En 1884, malgré les réticences de l’évêque de Valence en raison de son âge, elle ouvre une école pour jeunes filles. Elle n’obtient l’approbation de fonder une congrégation religieuse qu’en 1892 et prononce ses voeux perpétuels en 1911. La Congrégation des Servantes de l’Immaculée Conception a été officiellement reconnue par le Saint-Siège en 1947.
Jean Paul II béatifiera enfin un père de famille d’origine hongroise, Laszlo Batthyany-Strattmann (1870-1931). Dès l’âge de six ans, sa famille a déménagé pour l’Autriche, où il s’est mis à étudier à l’Université de Vienne l’agriculture, la médecine, la chimie, la physique, la philosophie, la littérature, la musique. Après une période difficile – ses parents divorcent et il a une fille illégitime – qui le conduit à sa conversion, il se marie officiellement en 1898 avec la comtesse Marie Thérèse Coreth, avec laquelle il a eu 13 enfants. Muni de son diplôme de médecin, Laszlo Batthyany ouvre un hôpital privé qu’il doit agrandir au moment de la première Guerre Mondiale. En 1915, il hérite d’un château familial en Hongrie, ainsi que du nom Strattmann et du titre de prince. Il se spécialise alors dans le soin des yeux et devient mondialement connu, non seulement pour ses capacités, mais aussi pour son attention envers les patients, pauvres et riches. Il meurt en 1931 d’un cancer.
Jusqu’à présent, Jean Paul II a béatifié 1’303 bienheureux dont 1’027 martyrs et 276 confesseurs – auxquels il faudra rajouter, le 23 mars, les 5 nouveaux bienheureux. En 25 ans de pontificat, il a également canonisé 465 saints dont 401 martyrs et 64 confesseurs. (apic/imedia/pr)
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