« Qu’est-ce que Dieu fait dans une Constitution ? »
Stockholm, le 20 mars 2003 (Apic) Les propositions d’inclure une référence à Dieu dans le texte de la nouvelle Constitution européenne ont provoqué une polémique en Suède. Qualifiée de plaisanterie par un ancien vice- Premier ministre suédois, elle a été jugée source d’exclusion par le plus grand quotidien de Scandinavie.
Plusieurs membres de la Convention chargée de rédiger la constitution européenne ont demandé que ce document fasse référence à la croyance en Dieu comme source de la vérité et de la justice. Cette suggestion a provoqué l’étonnement de nombre d’autres membres de la Convention.
« Qu’est-ce que Dieu a à voir avec une constitution? » s’étonne Lena Hjelm- Wallén, membre de la Convention, et autrefois vice-Premier ministre de Suède. « Je pensais que c’était une plaisanterie lorsque j’ai entendu pour la première fois des membres du parti démocrate chrétien suédois demander que Dieu et les valeurs religieuses soient mentionnés dans la préface de la nouvelle Constitution », a-t-elle déclaré.
Une proposition est que la Convention adapte le libellé de la Constitution polonaise comme suit: « Les valeurs de l’Union européenne comprennent les valeurs spirituelles de ceux qui croient en Dieu comme source de la vérité et de la justice, de la bonté et de la beauté et de ceux qui ne partagent pas cette croyance mais qui trouvent ces valeurs universelles dans d’autres sources ».
Le président de la Convention, le Français Valéry Giscard d’Estaing, originaire d’un pays qui croit fermement en la séparation entre l’Eglise et l’Etat, a émis des doutes concernant cette proposition. « Les Européens vivent dans un système politique laïc, où la religion ne joue pas un rôle important », a-t-il estimé.
Une source de discrimination
L’idée a aussi provoqué la colère du journal suédois « Aftonbladet », le plus grand quotidien de Scandinavie. Dans un éditorial, le journal souligne que faire référence aux valeurs chrétiennes dans la Constitution et les placer au-dessus des autres valeurs serait une « immense erreur ». Dans l’Union européenne, de nombreux citoyens pratiquent d’autres religions que le christianisme ou n’ont aucune croyance religieuse, indique le quotidien. « Comment pourront-ils alors s’identifier avec une Constitution basée sur des valeurs chrétiennes? » Une telle constitution serait dangereuse, poursuit l’article, car elle « exclurait des groupes et dresserait de nouvelles barrières ». (apic/eni/sh)
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