Sur «les termes ambigus et des concepts fréquemment utilisés»
Rome, 1er avril 2003 (Apic) Le Lexique des «Termes ambigus et des concepts fréquemment utilisés sur la famille, la vie et les questions éthiques», sera publié ces prochains jours en italien. Il suscite déjà des polémiques en Italie, notamment sur des sujets tels que l’homosexualité et l’avortement.
Ce document de quelque 900 pages a été rédigé par 78 experts catholiques sous la responsabilité du Conseil pontifical pour la famille et a reçu l’approbation de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Il reprend les principaux sujets fréquemment utilisés dans les domaines de la famille et de la bioéthique en particulier.
D’après le cardinal Alfonso Lopez Trujillo, président du Conseil pontifical pour la famille, ce Lexique s’adresse en priorité à toutes les personnes travaillant dans ces domaines. «Il existe de nombreuses expressions, utilisées dans les parlements et les organisations mondiales, qui peuvent cacher leur réel contenu et leur vrai sens, et qui sont même utilisés sans que les politiques et les parlementaires n’en aient une connaissance exacte».
Parmi ces thèmes, celui de l’homosexualité a déjà suscité de nombreuses réactions en Italie. La réponse à ce terme été rédigée par le père Tony Anatrella, psychanalyste français et spécialiste en matière de psychologie clinique et sociale. Faisant allusion aux revendications homosexuelles qui se sont amplifiées dans les années 60, il affirme que celles-ci «ont nié un problème psychique de fond qui rend l’homosexualité contraire au lien social, fondé sur l’identité masculine ou féminine».
L’homosexualité n’est pas la perfection de la sexualité humaine
«L’homosexualité n’a pas de valeur sociale», explique le père Anatrella. «Ce n’est pas une réalité transmissible», affirme-t-il, ni «le signe de la perfection de la sexualité humaine». «C’est une intrigue psychique que la société ne peut pas instituer socialement».
Ainsi, pour le psychanalyste français, «les sociétés occidentales» vont vers «une vision suicidaire du lien social, en privilégiant toutes les attentes subjectives des individus au détriment des réalités objectives». Le Lexique déplore en outre que toute critique, toute réflexion sur l’homosexualité «devienne quasiment un blasphème, assimilé à un délit, le délit de l’homophobie». «En privilégiant les revendications de l’homosexualité à devenir un sujet de droit, on ruine les fragiles équilibres établis par la raison (.) et on ouvre les portes à un monde incohérent».
Le préservatif, roulette russe version sexuelle
Un autre thème controversé est celui du «safe sex», le «sexe sans danger». Le père Jacques Suaudeau, membre du Conseil pontifical pour la famille, rappelant que cette expression «comprend toutes les précautions qui doivent être prises pour diminuer le risque de transmettre ou de contacter une maladie sexuellement transmissible», fait particulièrement allusion à l’usage du préservatif. «Un tel moyen de prévention présuppose une confiance très grande dans son efficacité», explique-t-il. Or, aujourd’hui, les statistiques montrent que «ce dispositif est loin de mériter toute la confiance qui lui est accordée», ajoute-t-il en citant des chiffres officiels et en comparant l’utilisation du préservatif au jeu de la roulette russe.
Pour le père Suaudeau, même si le préservatif «reste encore aujourd’hui le meilleur matériel» dans le domaine de la diminution de la transmission du virus du SIDA par exemple, «l’erreur est d’avoir réduit la prévention au seul ’bon usage du préservatif’» surtout quand «on sait qu’aucun ne pourra jamais garantir une efficacité à 100%». «Ce n’est donc pas tant l’utilisation du préservatif qui peut rendre le sexe ’sûr’, que (.) la limitation du nombre de partenaires, ou l’abandon des pratiques homosexuelles». Selon le Lexique, «il n’existe pas d’authentique ’safe sex’ sinon dans la fidélité conjugale, laquelle rend par ailleurs inutile le préservatif».
D’autres thèmes tels que le «genre» – ou «gender» -, «l’interruption volontaire de grossesse», «la maternité et le féminisme», «le mariage, la séparation et le divorce» ou encore «la procréation assistée» sont définis par le Lexique du Conseil pontifical pour la famille.
Ce dictionnaire «n’est pas à prendre comme un document du magistère de l’Eglise», tient-on à préciser au Vatican. «Il s’agit d’un ouvrage destiné à aider les personnes confrontées à des débats délicats sur des sujets souvent manipulés par une déformation de la réalité qu’ils représentent». «25 ans après la création du Conseil pontifical pour la famille par Jean Paul II, précise-t-on par ailleurs, il était nécessaire de faire le point sur des aspects qui n’étaient plus évidents».
«Persuader avec amour et conduire vers la vérité»
Dans sa préface, faisant face à toutes les attaques que ce document pourra susciter, le cardinal Lopez Trujillo souligne qu’ «il n’est pas dans (notre) intention de combattre ou d’aller contre des institutions et des personnes, ni encore moins, d’imposer quelque chose. Nous voudrions plutôt proposer, persuader avec amour, en conduisant vers la vérité, avec respect, avec l’espérance qui s’instaure et se renforce dans un dialogue fécond». Il s’agit notamment d’aller, ajoute-t-il, contre certaines «astuces préoccupantes» dans l’utilisation de certains termes. Ce qu’il appelle de la «propagande».
Etant donné l’évolution de la société et des découvertes scientifiques, une mise à jour de ce Lexique pourrait être faite. «Nous sommes conscients que le champ de l’équivoque est grand et peut-être une autre édition aurait prochainement besoin d’être enrichie avec de nouveaux termes». Aucune traduction n’est actuellement prévue pour les pays francophones. Des experts travaillent encore sur le sujet, dans l’objectif d’une prochaine publication en langue française. (apic/imedia/bb)
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