Kenya: Le président kenyan enrôle les responsables religieux dans la lutte contre le sida
Nairobi, 31 mars (Apic) Le président kenyan Mwai Kibaki a appelé les responsables d’Eglise à jouer un rôle dans la lutte cotre le sida et a défini leur soutien dans le cadre de la nouvelle campagne lancée par le gouvernement contre la maladie.
« Vous êtes en bonne place pour agir et aider le gouvernement à remporter ce combat », a lancé le président aux représentants chrétiens et musulmans réunis le 23 mars à Nairobi, la capitale, où il a annoncé le lancement de la campagne.
« Il est primordial que les personnes affectées ne se sentent pas seules ni isolées, mais que le pays tout entier s’occupe d’elles », a dit le président.
Depuis le lancement de la campagne – « La guerre contre le VIH/SIDA » (virus de l’immunodéficience humaine/syndrome de l’immunodéficience acquise) – les responsables anglicans, catholiques, méthodistes et presbytériens, ainsi que les dirigeants de la communauté musulmane, ont rencontré la ministre de la Santé du pays, Charity Ngilu, afin de mettre en place une stratégie pour la campagne.
Le gouvernement, qui a reçu un don du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, a décidé d’allouer une part ce celui- ci, soit 80 millions de shillings (1,06 million de dollars) à des groupes religieux en leur demandant de se charger des orphelins ayant perdu leurs parents atteints de la maladie, de prodiguer un soutien psychologique, d’acheter les médicaments et de sensibiliser la population à ce problème. Le Kenya a aussi reçu 4,1 milliards de shillings (50 millions de dollars) de l’agence de développement de la Banque mondiale pour la lutte contre le sida.
Les Eglises du pays sont depuis longtemps au premier plan de la lutte contre ce fléau, en dispensant les traitements dans les hôpitaux gérés par l’Eglise et en s’occupant des orphelins, plus de 1,5 million, et en développant des programmes d’accompagnement et d’éducation.
L’ancien gouvernement considérait les Eglises comme des partisans de l’opposition et ne soutenait pas leurs efforts dans ce domaine. L’élection de Mwai Kibaki en décembre a signifié le départ de l’Union nationale africaine du Kenya, qui régnait depuis 40 ans.
700 victimes quotidiennes
Environ 700 Kenyans meurent chaque jour du sida. « Si nous ne sommes pas infectés, nous sommes affectés », a déclaré l’archevêque anglican Benjamin Nzimbi. « Nous nous sommes engagés à éradiquer le virus et à réduire les souffrances des personnes touchées. Face à un désastre de cet ampleur, comme le corps du Christ, nous partageons la peine de ceux qui souffrent ».
Dans le cadre de la campagne du gouvernement, l’Eglise anglicane envisage d’introduire un nouveau programme sur le sida dans ses écoles et collèges de théologie.
Mais les efforts aujourd’hui consentis par les groupes religieux ont pourtant été critiqués, car jugés trop modestes devant l’étendue du problème. « Ils ont été trop lents à réagir et parfois timides », estime Jacinta Maingi, de l’initiative oecuménique de lutte contre le VIH/SIDA parrainée par le Conseil oecuménique des Eglises.
Les Eglises catholique et anglicane ont mis l’accent sur l’abstinence et la fidélité comme « moyens efficaces » d’arrêter la propagation de la maladie, et se sont opposées à la distribution massive de préservatifs comme méthode de prévention.
« J’enseigne à mes soldats la chasteté et c’est ce qu’ils font quand ils partent pour des missions de maintien de la paix », a déclaré Cornelius Korir, aumônier catholique des forces armées du Kenya. « Faisons de même avec nos enfants ». (apic/eni/pr)
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