Rome: Les jésuites reprécisent le terme «Eglise»

Réservé aux communautés qui célèbrent l’Eucharistie

Vatican, 4 avril 2003 (Apic) Seules les communautés chrétiennes qui célèbrent l’Eucharistie et qui sont restées fidèles à la succession des apôtres peuvent être appelées «Eglises». C’est ce que rappelle la revue des jésuites italiens, «La Civiltà Cattolica», paru le 5 avril.

«Pour que toute communauté particulière soit pleinement Eglise, (…) la suprême autorité de l’Eglise, c’est-à-dire le collège épiscopal, doit être présente en elle comme élément propre», écrivent les jésuites italiens en citant le document Lumen Gentium du Concile Vatican II et en reprenant un des thèmes principaux de la déclaration «Dominus Iesus» parue en septembre 2000. Au sein de l’Eglise «corps du Christ», l’institution est gouvernée par le collège des évêques, successeur du collège des apôtres institué par le Christ lui-même. Le pouvoir ainsi attribué a été transmis sans discontinuité depuis le Christ. C’est ce que l’on appelle la «succession apostolique».

Selon les jésuites italiens, cet aspect concerne principalement l’Eglise orthodoxe qui, malgré le fait qu’elle ne soit pas «en pleine communion avec le successeur de Pierre», a notamment conservé la «succession apostolique», rendant ainsi «valides» leurs ordinations épiscopales. Dans ce cas, expliquent les jésuites, même si la présence du pape à la tête du collège épiscopal «n’est pas comprise ou niée», il existe quand même «ontologiquement un ordre à l’intérieur du collège épiscopal»

Sacrement de l’eucharistie

Concernant la «validité» du sacrement de l’eucharistie – selon l’Eglise catholique – comme autre aspect nécessaire à la reconnaissance d’une Eglise, La Civiltà Cattolica tient à souligner que ce fait n’est pas nouveau. «Déjà dans les actes des Apôtres, la fraction du pain est présentée comme un des éléments caractéristiques de l’Eglise naissante». Ainsi, affirme la revue, «non seulement l’Eglise fait l’eucharistie, mais on peut également dire que l’eucharistie fait l’Eglise». Pour que son sacrement soit valide, précise-t-elle toutefois, il doit y avoir «succession apostolique».

Lorsque cela n’est pas le cas, comme chez les protestants par exemple – chez qui la présence d’un pasteur n’est pas indispensable à la célébration de la sainte cène -, ces communautés doivent être appelées ’Communautés ecclésiales’. Cette expression a été proposée en novembre 1963 au cours du débat concernant le document sur l’oecuménisme, pendant le Concile Vatican II. Elle fut ainsi officiellement introduite «avec l’explicite intention de ne pas appeler ’Eglises’ les communautés issues de la Réforme».

En octobre 2000, s’expliquant au sujet de la déclaration Dominus Iesus publiée quelques semaines plus tôt, le cardinal Josef Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, soulignait qu’à travers cette affirmation, «nous n’offensons personne en disant que les structures évangéliques effectives ne sont pas des Eglises dans le sens dans lequel l’Eglise catholique veut l’être, puisque elles-mêmes ne veulent pas l’être». (apic/imedia/jv/bb)

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