Cambodge: La déforestation forcenée est une catastrophe autant humaine qu’écologique
Genève, 8 avril 2003 (APIC) Les concessions forestières et foncières au Cambodge sont accordées sans tenir compte des intérêts des populations qui y habitent. C’est ce qu’a dénoncé le 7 avril Peter Leuprecht, représentant spécial pour le Cambodge devant la Commission des droits de l’homme à Genève. « Le Cambodge ne devrait pas être vendu à des intérêts privés étrangers de cette façon », a-t-il souligné.
Si la destruction des forêts se poursuit au rythme actuel, le Cambodge devra faire face à une catastrophe humaine et écologique qui aura des répercussions sur les générations futures. Le Gouvernement a pris l’engagement de procéder à des évaluations du problème, il convient qu’elles soient entreprises sans délai, a estimé le représentant spécial du Secrétaire général pour les droits de l’homme au Cambodge.
Peter Leuprecht a invité les donateurs et le Gouvernement royal à adopter une approche participative et à permettre aux pauvres de se faire entendre. Le représentant spécial a souligné la nécessité de privilégier une croissance économique susceptible d’apporter des avantages à la totalité de la population et, en particulier, aux plus pauvres. Jusqu’à présent, priorité a été donnée à la croissance du secteur économique privé, avec un souci insuffisant du respect des droits de l’homme et de l’équité, estime-t- il.
Projet d’accord sur le procès des Khmers rouges
Peter Leuprecht a en outre salué le projet d’accord conclu entre les Nations Unies et le Gouvernement du Cambodge au sujet du procès des Khmers rouges. Il faut espérer que cet accord sera rapidement appliqué et que les anciens leaders du Kampuchéa démocratique seront enfin jugés, conformément au droit international, a-t-il remarqué. En dépit de certains progrès, le Cambodge doit toujours faire face à de graves difficultés en matière de droits de l’homme, a souligné le représentant spécial du Secrétaire général. La communauté internationale devra aider ce pays à les surmonter, estime-t-il.
Suos Someth, représentant du Cambodge, a regretté « que le représentant spécial ne rendait pas justice aux progrès réalisés par le Cambodge qui est parvenu à la paix et à la stabilité et enregistre désormais une croissance de 6 %, alors que la région connaît un ralentissement économique ». Le Cambodge réalise maintenant plus d’un milliard de dollars en recettes d’exportation.
Il a également déclaré qu’il ne prétendait pas que la situation des droits de l’homme dans son pays était parfaite. Il a cependant demandé, à ceux « qui jugent aujourd’hui le Cambodge, où ils étaient quand les principes des droits de l’homme étaient foulés aux pieds par les Khmers rouges ». (apic/iac/sh)
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