Deux Français et un empereur autrichien parmi les élus

Rome: Jean Paul II reconnaît 16 décrets vers la béatification ou la canonisation

Rome, 13 avril 2003 (Apic) Jean Paul II a approuvé le 12 avril la reconnaissance de sept miracles en vue de la béatification et les vertus héroïques de neuf autres candidats à la sainteté. Parmi eux figurent deux religieux français, un empereur autrichien, huit Italiens, quatre Espagnols et un Hollandais. Quatre d’entre eux sont prêtres, cinq religieux, six religieuses et un laïc.

Parmi les neuf nouveaux ’serviteurs de Dieu’ – dont ont été reconnues les vertus héroïques, première étape dans le procès conduisant à la sainteté d’un candidat – le nom de l’empereur Charles d’Autriche (1887-1922), qui fut également roi de Hongrie, attire particulièrement l’attention. Marié à la princesse Zita des Bourbon Parme en 1991, il a huit enfants. Il est monté sur le trône en 1916, en pleine Première guerre mondiale, succédant à l’empereur François-Joseph. Il est présenté comme étant un homme de droiture morale sans faille, solide dans sa foi et fidèle à la doctrine sociale de l’Eglise.

Basile Antoine Moreau (1799-1873) est quant à lui d’origine française. Né dans le diocèse du Mans, il fonde la Congrégation des religieux de Sainte- Croix peu après la Révolution française, dans l’objectif de prêcher dans les campagnes, dans des missions extérieures et parmi les jeunes en difficultés. En 1840, il envoie des pères et des frères de sa congrégation en Algérie pour diriger des écoles et un séminaire. Il fonde un an plus tard une branche féminine, appelée les Marianites de Sainte-Croix.

Eustaquio Van Lieshout (1890-1943) est né en Hollande. Ce religieux prêtre de la Congrégation des Sacrés Coeurs de Jésus et de Marie – appelée Picpus – est parti en 1925 au Brésil comme missionnaire, où il est encore aujourd’hui l’objet d’une grande vénération. Dans un contexte social et religieux difficile, il s’est fait proche des gens et notamment des plus pauvres. Quant à Ascensione du Coeur de Jésus (1868-1940), elle est née en Espagne et fonda la Congrégation des Missionnaires dominicaines du saint Rosaire.

Cinq Italiens parmi les élus

Figurent enfin cinq Italiens dont trois fondateurs d’ordres. Il s’agit de Luigi Boccardo (1861-1936), prêtre originaire de Turin et fondateur des Soeurs de Jésus Roi, de Filippo Bardellini (1878-1956), prêtre fondateur de la Pieuse Société des petites pauvres de la Maison de Nazareth, ainsi que de Anna Maria Fiorelli (1809-1860), veuve, fondatrice de la Congrégation des pauvres filles des saintes stigmates de saint François d’Assise. Mosè Tovini (1877-1930) et Luigi della Consolata (1922-1977) sont quant à eux respectivement prêtre diocésain de Brescia et religieux de la Congrégation des frères de saint Joseph Benoît Cottolengo.

Parmi les sept futurs bienheureux, figure ensuite une religieuse française, Rosalie Rendu (1786-1856), membre de la Compagnie des filles de la charité de saint Vincent de Paul, ainsi qu’une carmélite italienne, Maria Candida de l’Eucharistie (1884-1949).

Cinq fondateurs de congrégation

Les cinq autres candidats à la sainteté dont un miracle dû à leur intercession a été reconnu sont fondateurs d’ordres. Il s’agit de Giovanni Nepomucène Zegri y Moreno (1831-1905), prêtre espagnol fondateur de l’Institut des soeurs de la charité de la bienheureuse Vierge Marie de la Merci, de Luigi Talamoni (1848-1926), prêtre italien fondateur de la Congrégation des Soeurs de la miséricorde de Saint Gérard, de Luigi Maria Monti (1825-1900), religieux italien fondateur des Fils de l’Immaculée Conception, de Matilde du Sacré-Coeur (1841-1902), religieuse espagnole fondatrice de la Congrégation des filles de Marie mère de l’Eglise, ainsi que de Pietà de la Croix (1842-1916), Espagnole fondatrice de la Congrégation des soeurs salésiennes du Sacré-Coeur de Jésus.

Humanité blessée par les conflits armés

«Cette promulgation de décrets se déroule alors que l’humanité est de nouveau blessée et humiliée par le conflit des armes», a déclaré le cardinal José Saraiva Martins à l’issue de la cérémonie qui s’est déroulée au Vatican en présence de Jean Paul II. Pour le préfet de la Congrégation pour les causes des saints, «l’heure de l’épreuve est illuminée par l’exemple des serviteurs de Dieu qui ont vécu la béatitude de la paix (.), ont cru et travaillé pour la vraie promotion humaine et pour l’entente entre les peuples». «Demandons-leur d’intercéder auprès de Dieu afin que les guerres disparaissent de l’horizon de l’humanité», a-t-il conclu. (apic/imedia/bb)

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