Lors de son étape sur la route de la Mongolie

Rome: Le pape pourrait rencontrer Alexis II à Kazan, en août prochain

Rome, 14 avril 2003 (Apic) Le pape Jean Paul II pourrait rencontrer Alexis II en août prochain, afin de rendre au patriarche orthodoxe de Moscou l’icône miraculeuse de Kazan datant du 13e siècle. De telles rumeurs ont par le passé circulé à plusieurs reprises. Les relations entre Moscou et Rome oscillent entre le chaud et le froid.

Jean Paul II souhaite remettre la célèbre icône de Kazan au patriarche lors d’une escale dans la capitale du Tatarstan, dans le cadre de son voyage en Mongolie prévu pour la fin du mois d’août. C’est du moins ce que laissent entendre des indiscrétions parues dans la presse le 14 avril 2003. Au Vatican on affirme étudier toutes les possibilités. Les rumeurs d’une rencontre entre le pape et Alexis II circulent depuis plusieurs années déjà.

Parmi les possibilités étudiées au Vatican, celle de l’étape de Jean Paul II à Kazan, capitale du Tatarstan, à l’occasion de son voyage en Mongolie semble la plus probable.

Peinte sur bois, cette petite icône haute de 30 centimètres a été trouvée miraculeusement en 1597 à Kazan. Elle a été portée à Moscou en 1612, au moment de la libération de la capitale russe occupée jusqu’alors par l’armée polonaise. L’icône a ensuite été placée à Saint-Pétersbourg puis vendue à l’étranger au début du 20e siècle, passant de mains en mains avant qu’on ne la retrouve dans une petite église de style byzantin à Fatima. En 1991, lors de la visite de Jean Paul II dans ce sanctuaire marial, il fut décidé que l’icône serait transportée au Vatican et placée dans ses appartements.

Au Vatican, on affirme que « toutes les possibilités sont à l’étude pour que le pape puisse réaliser un désir qu’il a depuis longtemps », celui de remettre en personne à Alexis II cette icône qui revêt une immense valeur aux yeux des orthodoxes de Russie. « Les contacts nécessaires ont été pris », ajoute-t-on sans toutefois donner plus d’informations.

Relative détente?

Cette information arrive dans un moment de relative détente dans les relations instables entre l’Eglise catholique et l’Eglise orthodoxe, notamment depuis la création de quatre diocèses catholiques en février 2001 et l’expulsion de six prêtres catholiques par le gouvernement russe depuis cette date.

Le chaud et le froid soufflent en effet en alternance entre Moscou et Rome. A une période glacière succède des prémisses de rapprochements.

En recevant le président du sénat de la Fédération de Russie, Sergey Mironov, le 28 mars 2003, Jean Paul II avait lui-même fait part de son intention de rendre l’icône de Kazan.

Le patriarche Alexis II accuse depuis des années l’Eglise catholique de faire du prosélytisme en terre russe. Déclarant plus d’une fois qu’une rencontre ne servirait à rien dans l’état actuel des choses. Pourtant, en décembre dernier, le patriarche orthodoxe de Russie avait proposé à Jean Paul II de renouer des « relations fraternelles », dans un message adressé à Rome à l’occasion de Noël.

Quelque mois plus tôt, en septembre 2002, le patriarche avait accusé durement la « stratégie expansionniste » du Saint-Siège dans les pays de la Fédération de Russie. Dans un entretien accordé à l’hebdomadaire italien « Famiglia Cristiana », le 22 septembre 2002, le chef de l’Eglise orthodoxe russe avait en effet demandé au Vatican de faire preuve de « plus de respect » à l’égard de son Eglise.

« Si l’Eglise catholique considère encore l’Eglise orthodoxe russe comme une ’Eglise soeur’, en accord avec l’esprit du Concile Vatican II, pourquoi agit-elle comme s’il n’existait aucune Eglise ni aucune culture chrétienne en Russie? », se demandait alors le patriarche orthodoxe.

Un vieux conflit

« Il semble qu’aux yeux de l’Eglise catholique, la Russie est un pays sous- développé du point de vue religieux ayant besoin d’une ’illumination’ de la part du Vatican », relevait-il encore. « C’est une idée inacceptable pour l’Eglise orthodoxe, qui depuis plus de mille ans a nourri l’esprit des Russes, et est restée avec eux dans les bons et mauvais moments, fidèle aux origines de la nation et de la culture russe ».

Le patriarche était notamment interrogé sur le conflit entre orthodoxes et grecs-catholiques en Ukraine. Une question, avait-il dit, qui est « est loin d’être résolue ».

Les propos d’Alexis II n’avaient pourtant pas empêché le Père Vsevolod Chapline, porte-parole de l’Eglise orthodoxe russe, d’affirmer à la même époque que le patriarche Alexis II était prêt à rencontrer Jean Paul II. Mais dans un pays neutre. Et à « condition que les problèmes encore existant entre les deux Eglises soient résolus. (apic/imedia/ag/re/pr)

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