Angola: Mgr Paolino Madeka accusé de prendre partie pour l’indépendance de Cabinda

« La province du Cabinda n’est pas l’Angola », répond-il

Cabinda, 16 avril 2003 (Apic) Accusé par les différents acteurs politiques angolais de militer pour l’indépendance de l’entrave de Cabinda dont il est originaire, Mgr Paolino Makeda s’en défend. L’évêque de Cabinda estime tout de même que la province de Cabinda n’est pas l’Angola. Il était pressenti comme médiateur du dialogue entre le pouvoir de Luanda et les différentes factions indépendantistes armées.

« J’ai essayé de servir d’intermédiaire, mais le pouvoir m’a accusé d’être indépendantiste », explique-t-il dans un entretien accordé à l’Agence France presse. « Je ne suis pas indépendantiste, mais on ne peut pas dire que Cabinda c’est l’Angola », dit-il, ajoutant: « Aujourd’hui, les Angolais nous insultent, c’est une douleur. On nous sépare au lieu de nous unir ».

Le prélat croit à « un dialogue franc et ouvert » entre le Flec (Front de libération de l’enclave de Cabinda) et Luanda et affirme que Cabinda « veut vivre en paix avec l’Angola ». Il estime par ailleurs qu’en tant que « chef spirituel » de cette province catholique, il « doute » qu’actuellement une entente soit possible entre « Angolais et Cabindais ».

« Les militaires angolais ont commis trop d’actes de barbarie, ils apparaissent comme des ennemis du peuple » et « les jeunes cabindais voient l’Angola comme une puissance colonialiste », accuse ce prélat de 75 ans, devenu évêque de Cabinda en 1984.

« J’ai assisté aux exactions dénoncées par la commission des droits de l’Homme de l’ONU, j’ai vu toutes les guerres de Cabinda depuis 1958, dont la dernière grande offensive des Forces armées angolaises (FAA) entamée en août 2002 pour tenter de liquider le Flec ».

Le prélat dénonce les conditions de pauvreté dans lesquelles vivent les populations de cette région, alors que, soutient-il, Cabinda est la première province pétrolière d’Angola. « Il faut mettre fin à la misère du peuple dans les quartiers, Cabinda est une province riche et qu’il y ait de la misère, est un crime » clame l’homme d’Eglise..

Silence de la communauté internationale

L’évêque se garde néanmoins de préconiser des solutions politiques pour l’avenir. « C’est le dialogue qui peut déterminer les solutions », dit-il, regrettant seulement qu’aujourd’hui à Cabinda, « parler du Flec, c’est aller en prison ». Sur l’attitude de la communauté internationale, Mgr Madeka note que « Cabinda est un territoire oublié ». « C’est seulement maintenant qu’elle cherche à savoir ce qui se passe », parce les Eglises et les organisations de la société civile on fait « un bon travail » pour dénoncer les exactions de l’armée angolaise.(apic/ag/jv/pr)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/angola-mgr-paolino-madeka-accuse-de-prendre-partie-pour-l-independance-de-cabinda/