Bases claires pour un dialogue oecuménique dans la vérité
Fribourg, 17 avril 2003 (Apic) Les évêques suisses, qui saluent la publication de la nouvelle Encyclique de Jean Paul II, relèvent que ce texte se caractérise par sa «profondeur et sa tonalité personnelle et spirituelle». Le pape y rappelle les éléments essentiels de ce qu’est la foi de l’Eglise catholique concernant le mystère de l’Eucharistie. Pour les évêques suisses, il pose des «bases claires» pour le dialogue oecuménique.
La Conférence des évêques suisses (CES) voit dans ce texte «aux accents parfois tendres et toujours empreints de respect envers chacun» un outil précieux, dans la mesure où il offre des bases claires pour un dialogue oecuménique dans l’amour et la vérité.
Le pape rappelle la place centrale que l’Eucharistie a dans la vie de l’Eglise, qui implique donc – tout d’abord pour les catholiques eux- mêmes – une responsabilité vis-à-vis d’elle, tant pour la vie de tous les jours que lors des célébrations liturgiques.
L’Encyclique se divise en six chapitres. Dans le 1er chapitre, Jean Paul II décrit le sacrement de l’Eucharistie comme mystère de la foi, un sacrifice qui féconde la vie de l’Eglise. Il rappelle les fondements bibliques qui ont trouvé leur continuation dans la célébration de la messe. Il affirme la présence réelle du Christ crucifié et ressuscité, confiée à l’Eglise par l’Esprit Saint. L’Eucharistie n’est pas seulement un événement purement spirituel, mais il a des répercussions dans la vie et la transformation du monde.
Dans le 2e chapitre, le texte souligne qu’étant donné que l’Eglise n’est pas qu’un ensemble de structures et de bâtiments, mais aussi essentiellement une réalité spirituelle, elle est construite par le mystère de l’Eucharistie. Par son baptême, le chrétien est uni au Christ, mais dans la vie de tous les jours il a besoin d’un rattachement : c’est en participant à l’Eucharistie que le chrétien renouvelle les liens qui l’unissent au Christ, présent par l’Esprit dans l’Eglise. «Chacun d’entre nous reçoit le Christ» et «le Christ reçoit chacun d’entre nous». Ainsi se constitue «le peuple de la nouvelle Alliance».
Le rôle de l’évêque et du prêtre: c’est le prêtre qui doit présider la messe
Dans le 3e chapitre, le pape met l’accent sur le fait que l’Eglise est fondée sur les apôtres. Ce n’est que dans ce lien que la célébration de l’Eucharistie se comprend. Dès les premiers textes chrétiens, l’Eucharistie est liée à la figure de l’apôtre, de l’évêque ou du prêtre, tradition que l’Eglise catholique a maintenue jusqu’à ce jour. Pour cette raison, il est nécessaire que le prêtre préside la messe. Cette réalité rappelle les possibilités et les limites dans le dialogue oecuménique.
Le 4e chapitre met l’accent sur l’aspect de la «communion». On ne peut pas utiliser l’Eucharistie pour «produire» la communion. L’Eucharistie présuppose la communion ecclésiale, elle la consolide et la porte à la perfection. Il y a une communion invisible, celle de la foi, et une communion visible, la communion ecclésiale dans ses structures concrètes.
«Malheureusement, cette communion avec certaines autres Eglises et communautés ecclésiales n’est pas réalisée pleinement. Il n’est donc pas encore possible d’être réunis à la même table», rappelle l’Encyclique. La CES relève cependant que le pape encourage à rechercher inlassablement un approfondissement de cette communion.
Au 5e chapitre, le pape souligne la dignité liée à la célébration eucharistique, qui a ou doit avoir des répercussions dans la beauté des célébrations et des édifices religieux. Le pape parle aussi d’une inculturation nécessaire dans les différentes cultures. Dans le 6e chapitre, enfin, le pape propose une belle méditation sur toute la vie de Marie, en la décrivant comme une femme «eucharistique», car elle a été le premier tabernacle, ouverte à l’action de l’Esprit et donnant ainsi le Christ au monde. Elle est donc la mère de l’Eglise et peut donc être le modèle de tous les chrétiens.
La CES estime que pour bien saisir la portée de ce document, il convient de ne pas en faire une lecture trop rapide ; on pourrait, sinon, y voir à tort un texte de combat contre des abus en la matière ou être déçu par le langage utilisé, qui pourrait être perçu comme «traditionnel». «Mais, conclut le présidium de la CES, le Saint-Père utilise intentionnellement ce style de langage pour donner des points de repère sûrs aux catholiques de ce début de troisième millénaire. MA/JB
Le texte complet de l’Encyclique se trouve sur le site Internet de la CES (www.cath.ch/ces)
Encadré
Qu’est-ce qu’une Encyclique?
Encyclique: (Du grec circulaire et cercle) Lettre que le pape adresse au clergé et aux fidèles lorsqu’il veut faire connaître sa pensée, préciser ou élaborer une doctrine ou des orientations pastorales.
Jean Paul II a déjà publié treize autres encycliques, dont quatre plutôt théologiques (sur le Père, le Fils, l’Esprit Saint, Marie), trois relatives à des questions socio-économiques (sur le travail, la solidarité, le centenaire de Rerum novarum), une sur l’évangélisation des pays slaves, une sur la mission, une sur la morale et une sur la vie humaine, une sur les rapports entre la foi et la raison et une sur l’oecuménisme. En voici la liste, en commençant par les plus récentes:
– 14 septembre 1998: Fides et ratio (La foi et la raison), sur les rapports entre foi et raison
– 25 mai 1995: Ut unum sint (Qu’ils soient un), sur l’engagement oecuménique
– 25 mars 1995: Evangelium vitae (L’Evangile de la vie), sur la valeur et l’inviolabilité de la
vie
– 6 août 1993: Veritatis splendor (La splendeur de la vérité), sur la morale catholique
– 1er mai 1991: Centesimus annus (La centième année) sur les questions sociales
– 7 décembre 1990: Redemptoris missio (La mission du Rédempteur), sur la mission
– 30 décembre 1987: Sollicitudo rei socialis (L’intérêt pour les choses sociales), sur les
questions sociales
– 25 mars 1987: Redemptoris Mater (Mère du Rédempteur), sur la Vierge Marie
– 8 mai 1986: Dominum et vivificantem (Il est Seigneur et il donne la vie), sur l’Esprit Saint
– 2 juin 1985: Slavorum apostoli (Apôtres des Slaves), sur saints Cyrille et Méthode
– 14 septembre 1981: Laborem exercens (En travaillant), sur le travail de l’homme
– 30 novembre 1980: Dives in misericordia (Dieu riche en miséricorde), sur Dieu le Père
– 4 mars 1979: Redemptor hominis (Le Rédempteur de l’homme), sur Jésus- Christ. (apic/com/ces/be)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse