Un enfant sur dix est pauvre en Suisse

Suisse: L’OEuvre suisse d’entraide ouvrière OSEO s’inquiète de la montée de la pauvreté

Berne, 17 avril 2003 (Apic) 700’000 personnes sont pauvres en Suisse, et la tendance est à la hausse, s’inquiète l’OEuvre suisse d’entraide ouvrière OSEO, dans sa campagne annuelle qu’elle vient de lancer. Selon elle, un enfant sur 10 est pauvre.

Les femmes qui élèvent seules leurs enfants et les familles avec des petits enfants sont les plus touchées par cette pauvreté. Une pauvreté qui est donc «jeune» en Suisse et qui représente une menace sociale réelle pour l’avenir. Selon l’analyse menée par l’OSEO, les études montrent en effet que la pauvreté a tendance à se transmettre de génération en génération.

La pauvreté frappe en première ligne les enfants, les jeunes et les femmes élevant seules leurs enfants. Près de 250’000 enfants et jeunes sont pauvres et donc particulièrement vulnérables. «La pauvreté n’est pas qu’une question matérielle: elle s’accompagne d’effets importants sur la qualité de la vie. Les enfants pauvres sont moins bien intégrés socialement, ont peu d’estime de soi, ont de moins bonnes chances scolaires et professionnelles et sont plus souvent malades – physiquement et psychiquement. De plus, la pauvreté est souvent «héritée». Si l’on naît dans une famille pauvre il y a une forte probabilité de rester pauvre sa vie durant».

L’AVS a réussi à faire baisser le taux de pauvreté parmi les personnes âgées, constate l’OSEO, selon qui il pourrait en aller de même pour les enfants avec l’introduction d’une allocation minimale de 200 francs. L’oeuvre lance l’idée: «Les familles devraient bénéficier de prestations complémentaires, selon le modèle AVS».

Une politique fiscale plus équitable réduirait une partie de la pauvreté, constat-t-elle encore. Pour elle, une évidence s’impose: «actuellement ce sont les revenus élevés qui profitent des déductions fiscales pour enfants». L’OSEO demande l’introduction d’une politique fiscale en faveur des familles et la libération de l’impôt des personnes vivant en dessous du minimum vital.

Structure d’accueil pour les enfants

Autre exigence formulée: il est urgent de mettre en place des structures d’accueil de la petite enfance et des écoliers. Pour l’OSEO, c’est là le seul moyen pour les parents pauvres de pouvoir occuper un véritable emploi. De plus, les crèches et les garderies jouent un rôle important dans l’intégration sociale des enfants, notamment étrangers.

Pour l’oeuvre d’entraide ouvrière, l’école actuelle n’atténue pas les différences sociales, elle renforce l’exclusion. En effet les jeunes qui n’ont pas réussi leur scolarité à 16 ans voient toutes les portes se fermer. L’expérience de l’OSEO avec les personnes au chômage montre que le manque de formation est un facteur aggravant. «Le système actuel empêche que l’on reprenne sa formation scolaire après l’âge de 25 ans». L’OSEO préconise un système de formation basé sur le principe de l’apprentissage tout au long de la vie. Ce principe devrait être ancré dans le système d’éducation publique.

Une priorité: les enfant

L’OSEO répond aux partis bourgeois qui affirment que la situation économique actuelle ne permet pas de mesures pour lutter contre la pauvreté. Elle se déclare convaincue qu’un investissement dans la lutte contre la pauvreté ferait en fait économiser d’énormes coûts sociaux. Et de constater: «Le marché du travail produit lui-même ses pauvres. Le nombre de «Working poor» ne cesse d’augmenter». L’OSEO, qui préconise enfin des salaires minima d’au moins 3000 francs par mois, entend ainsi mettre la pauvreté à l’agenda politique de la Suisse. «La lutte contre la pauvreté est d’autant plus urgente qu’elle touche les enfants et les jeunes». (apic/com/pr)

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