Rome: Appel de Jean Paul II pour la paix dans le monde entier
Rome, 21 avril 2003 (Apic) Le pape Jean Paul II a lancé un appel à la paix en Irak, en Terre Sainte et dans «les autres régions oubliées du monde», à l’issue de la messe de Pâques célébrée le 20 avril sur la place Saint- Pierre. Le pape a également fait part de sa crainte d’un «affrontement dramatique entre cultures et religions, que de récents événements risquent malheureusement de déclencher.»
«Paix en Irak !», a lancé Jean-Paul II d’une voix forte dans son traditionnel message Urbi et Orbi retransmis en mondovision par plus de 50 chaînes de télévision à l’issue de la messe de Pâques. «Avec le soutien de la Communauté internationale, puissent les Irakiens devenir les acteurs d’une reconstruction solidaire de leur pays !», a-t-il ajouté. «Paix dans les autres régions du monde, où les guerres oubliées et les conflits larvés provoquent des morts et des blessés dans le silence et l’oubli d’une part importante de l’opinion publique !».
«Avec une peine profonde, je pense à la succession de violence et de sang qui ne semble pas devoir finir en Terre Sainte», a poursuivi le souverain pontife devant quelque 50’000 personnes rassemblées sous une pluie fine. «Je pense à la situation tragique de nombreux pays du continent africain, qui ne peut pas être abandonné à lui-même. Je n’oublie pas les foyers de tension et les attentats contre la liberté de l’homme, dans le Caucase, en Asie et en Amérique latine, ces régions du monde qui me sont également chères».
Devant un parterre d’ambassadeurs qui viennent traditionnellement nombreux pour la cérémonie de Pâques, Jean Paul II a ensuite lancé un appel pour «que se brise la chaîne de la haine, qui menace le développement ordonné de la famille humaine». «Puisse Dieu nous permettre d’être libérés du danger de l’affrontement dramatique entre cultures et religions, que de récents événements risquent malheureusement de déclencher», a-t-il rajouté.
Régulièrement coupé par les applaudissements des fidèles abrités sous les parapluies, le pape a conclu son message en appelant les croyants à l’espérance, malgré un début de troisième millénaire «tristement obscurci par des violences et des conflits». «Si obscur que puisse apparaître l’avenir de l’humanité, que personne ne cède à la frayeur ou au découragement !», a-t-il lancé avant de souhaiter une bonne fête de Pâques en 62 langues différentes – dont le latin, l’esperanto, l’hébreu et l’arabe.
Cérémonies pascales
Quelques instants auparavant, au cours de la messe, les fidèles venaient de prier, au cours des intentions de prière, «pour les responsables des nations et des organismes internationaux» afin qu’ils «n’instrumentalisent pas les religions à des fins de pouvoir et de violence». Une autre intention a été lue «pour les personnes blessées et offensées par la guerre», ainsi que «pour les soldats de tous les fronts, afin qu’ils alimentent en eux des pensées de paix et non de vengeance».
La garde suisse avait formé sur la place Saint-Pierre un piquet d’honneur composé d’une douzaine de gardes en grand uniforme. C’est le seul moment de l’année où cela se produit, marquant l’importance de la cérémonie de Pâques, «sommet de la liturgie». D’autres piquets d’honneur étaient formés par des représentants de toutes les armées italiennes l’aviation, la marine et l’armée de terre. La fanfare du Vatican était également présente, accompagnant les déplacements du pape au milieu de la foule, au terme de la messe.
Au cours de la messe, Jean Paul II est apparu relativement en bonne forme. La veille au soir, il avait présidé dans la basilique Saint-Pierre la veillée pascale, au cours de laquelle il a baptisé sept personnes venues des Etats-Unis, du Japon, du Nigeria, du Burundi, du Burkina Faso, de Tunisie et d’Italie.
Cette année, le pape ne se rendra pas dans sa résidence de Castel Gandolfo pour se reposer d’une semaine sainte intense en célébrations. Les nouvelles installations pour lui permettre de se déplacer sans descendre de son fauteuil semblent avoir fait leurs preuves. Jean Paul II devrait toutefois limiter ses activités dans la semaine à venir. La prochaine grande cérémonie se fera le 27 avril, avec six béatifications. SH
Encadré
La situation internationale au coeur du Chemin de croix du pape
Au cours du Chemin de croix qu’il a présidé dans la nuit du vendredi 18 avril au Colisée, à Rome, Jean Paul II a particulièrement voulu mettre la situation internationale au coeur de ses méditations.
Dans son texte préparé à l’avance mais laissé de côté au dernier moment pour une méditation improvisée, le pape a rappelé le souvenir «de nos frères et soeurs qui sont en train de revivre dans leur corps le drame du Calvaire». «Combien sont nombreux les Chemins de croix oubliés ! Je pense aux tragiques images de violence, de guerres et de conflits, qui quotidiennement, nous parviennent de tant d’endroits, aux milliers d’adultes et d’enfants innocents qui meurent de faim et de privations, ainsi qu’à l’affront que subit la dignité humaine, malheureusement perpétré parfois au nom de Dieu». «Pouvons-nous rester indifférents face à ce cri lancinant de douleur qui se lève depuis tant de parties du monde ?», avait- il écrit.
Aux 12e et 13e stations, la croix a été portée par une famille chrétienne originaire d’Irak, qui l’a remise au pape pour la dernière station. Auparavant, elle avait été portée par quatre laïcs de Colombie, du Liberia, de la Sierra Leone et d’Egypte. La croix a ensuite été transmise aux franciscains de Terre Sainte, présents chaque année, qui l’ont remise à la femme de Carlo Urbani, médecin italien mort de la pneumonie atypique après avoir découvert le virus.
Jean Paul II a présidé les méditations depuis la terrasse de la colline du Palatin, ne portant la croix qu’à la 14e et dernière station. Plusieurs dizaines de milliers de personnes étaient massées entre le Colisée illuminé de bougies et la colline du Palatin.
Dans l’après-midi, le pape avait présidé la cérémonie de la Passion dans la basilique Saint-Pierre. Au cours de l’homélie proposée par le prédicateur de la maison pontificale, le Père Raniero Cantalamessa, ce dernier a évoqué la chanson «Imagine» de John Lennon, définissant le texte de «juste et saint» et en syntonie avec l’Evangile. (apic/imedia/sh)
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