Rome: L’Italie et la Russie veulent une réconciliation entre le Vatican et Alexis II
Rome, 21 avril 2003 (Apic) Le Premier ministre italien Silvio Berlusconi a affirmé avoir des contacts étroits avec le gouvernement de la Fédération de Russie dans l’objectif de favoriser une réconciliation entre le Saint-Siège et le patriarcat de Moscou. C’est ce qu’il a déclaré dans la soirée du 18 avril à la presse, après avoir reçu le chef du gouvernement russe, Mikhail Kasyanov, également favorable à un tel rapprochement.
« Nous savons qu’une rencontre entre Jean-Paul II et Alexis II peut se faire », a affirmé Silvio Berlusconi, confiant travailler en faveur d’une « réconciliation » entre les deux parties « à la demande du Saint-Siège ».
Le premier ministre italien aurait déjà prévu de rencontrer le patriarche orthodoxe de Moscou afin de « favoriser » un voyage du pape en Russie, mais il n’a pas voulu officialiser ni la date ni le lieu. « Certaines difficultés ont été surmontées, comme par exemple le fait que l’icône de Kazan que le pape voudrait rapporter en Russie a été authentifiée par des experts russes », a-t-il simplement déclaré.
Pour sa part, Mikhail Kasyanov a affirmé aux journalistes que « le gouvernement russe cherche par tous les moyens à favoriser une réconciliation entre les deux Eglises ». « De toute façon, a-t-il ajouté, ce rapprochement doit se faire ».
Des rumeurs ont circulé au Vatican en début de semaine dernière sur le fait que Jean Paul II pourrait se rendre dans la capitale du Tatarstan fin août, pour remettre en main propre au patriarche de Moscou la célèbre icône de Kazan. Cette escale à 800 kilomètres de Moscou, sur le chemin du voyage prévu en Mongolie, aurait une portée symbolique importante.
L’icône de Kazan, représentant une Vierge à l’enfant, aurait en effet, selon les orthodoxes, des pouvoirs miraculeux, et aurait notamment aidé à la libération de la capitale russe de l’armée polonaise en 1612. Perdue au début du 20e siècle, l’icône a été retrouvée à Fatima au Portugal, puis portée dans les appartements de Jean Paul II à Rome en 1991.
Douche écossaise sur les relations vaticano-moscovites
Dans un communiqué publié le 14 avril dernier, Joaquin Navarro-Valls a affirmé que « l’occasion appropriée et la manière de remettre l’icône seront évaluées au moment opportun ». « Toutes les possibilités sont à l’étude pour que le pape puisse réaliser un désir qu’il a depuis longtemps », a ajouté le porte-parole du Saint-Siège. Sur ce sujet, le patriarcat niait tout contact avec le Vatican, insistant sur l’importance de « régler les problèmes avant d’envisager une visite du pape sur sol russe ».
Depuis l’expulsion d’ecclésiastiques catholiques de Russie, suite notamment à la création de quatre diocèses par le Saint-Siège en février 2002, les relations entre le patriarcat de Moscou et le Vatican ne cessent de passer du chaud au froid, illustrées notamment par plusieurs annonces de rencontres, qui se sont trouvées démenties
Le 17 avril, Jean Paul II a nommé un évêque originaire du Kazakhstan à la tête du diocèse de Saint-Joseph à Irkoutsk en Fédération de Russie. L’ancien évêque d’origine polonaise, Mgr Jerzy Mazur, en avait été expulsé par les autorités russes le 16 avril 2002. (apic/imedia/sh)
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