Au pouvoir depuis 1947, le «Parti Colorado» ne devrait pas le lâcher
Asunción, 22 avril 2003 (Apic) Catholiques, chrétiens d’autres confessions, juifs et musulmans seront unis en prière le 25 avril dans la cathédrale d’Asunción, au Paraguay, pour un «Paraguay meilleur», en vue des élections du 27 avril. Au pouvoir depuis 1947, le «Parti Colorado» est pratiquement assuré de garder sa mainmise sur le pays. Cela grâce à un candidat, Nicanor Duarte Frutos, qui a construit sa candidature sur les critiques du président sortant Luis González Macchi, son compagnon de parti. Tout un jeu politique voire de dupe. qui devrait s’avérer gagnant.
L’acte oecuménique, promu par l’Eglise catholique de ce pays d’Amérique du Sud, est programmé en vue des élections générales du 27 avril: 9 candidats s’affronteront dans la course à la plus haute charge de l’Etat et 15 partis se disputeront les sièges du Congrès national et des assemblées locales.
La consultation électorale aura un coût qui s’élèvera à 3 millions de dollars. Pour la première fois des urnes électroniques seront mises en fonction et utilisées par 46% des ayant droit au vote.
A quelques jours de l’élection, tous les sondages donnent comme favori Nicanor Duarte Frutos, candidat du «Parti Colorado», au pouvoir depuis 1947.
Selon Susana Oviedo, doyenne à l’Université catholique et journaliste au quotidien «La Hultima Hora», Duarte a construit sa candidature sur les critiques du président sortant Luis González Macchi, son compagnon de parti. Il a profité de l’échec de González – qui a risqué en février l’impeachment pour corruption et négligence dans l’exercice de ses fonctions – pour se présenter comme le partisan d’un changement que la population réclame majoritairement.
Ses rivaux directs – l’entrepreneur Pedro Fadul du Mouvement «Chère Patrie» et le libéral Julio César Franco – soutiennent au contraire que Duarte est l’homme le plus proche de González parmi tous les candidats.
Illusoire alternance
Pour Susana Oviedo, la possibilité d’une alternance au pouvoir est illusoire: les principaux secteurs de l’opposition n’ont pas réussi à unir leurs forces pour mettre en échec le parti qui, au cours des dernières décennies, a «produit» des gouvernements comme ceux du dictateur Alfredo Stroessner (1954-1989), du général Andrés Rodríguez (1989-93), de Juan Carlos Wasmosy (1993-98) et de Raul Cubas (1998-99).
Ce dernier a renoncé à son mandat suite à l’épisode du mois de «mars de sang» – marqué par l’assassinat du vice-président Luis Maria Argaña, le 23 mars 1999, – ouvrant la voie à González, alors président du Congrès, arrivé au pouvoir grâce à un accord entre les principaux partis politiques.
Ses dernières années ont du reste été marquée par une grande instabilité politique. En 2000, Macchi a vus ses soutiens politiques s’effilocher, avec, notamment, la rupture du PLRA, (Parti libéral radical authentique). En 2000 encore, une rébellion militaire a échouée. Elle est attribuée à des officiers oviédistes (du nom du général Lino Cézar Oviedo, ancien putschiste soupçonné d’être impliqué dans l’assassinat de Luis Maria Argaña).
Economie à l’image de la politique
A la suite de cette tentative de renversement, le président actuel a ordonné l’emprisonnement de plus de 100 personnes, parmi lesquelles figurent des militaires, des dirigeants politiques et des journalistes liés à Oviedo.
Côté économie, la situation est à l’image de la politique du pays: elle n’a pas cessé de se dégrader, avec un taux de chômage qui dépasse aujourd’hui 20%. (apic/mna/pr)
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