Nigeria: le président sortant Olusegun Obasanjo réélu
Abuja, 22 avril 2003 (Apic) La victoire électorale est désormais certaine pour le président sortant Olusegun Obasanjo, élu au premier tour des élections au Nigeria. Le président Obasanjo a obtenu une majorité des suffrages exprimés sur l’ensemble du territoire et au moins 25% des voix dans les deux-tiers des Etats de la fédération nigériane (36, plus la capitale Abuja), selon l’INEC qui a publié les résultats dans 764 des 774 municipalités. Il a donc rempli les deux conditions requises par la Constitution nigériane pour être élu dès le premier tour.
Sur 41’331’691 de bulletins dépouillés, Obasanjo en obtient 24’109’157, soit 61,8% des suffrages exprimés. Il devance largement son principal rival, Muhammadu Buhari, qui arrive en deuxième position avec 32% des suffrages exprimés (12’495’326 voix).
Le responsable du principal groupe de monitorage électoral, expression de la Conférence épiscopale du pays, estime que le vote de samedi a été «pacifique dans l’ensemble, bien qu’il n’ait pas encore été libre et transparent».
Plus de 30’000 observateurs catholiques, sur un total de 50’000 représentant près de 200 organisations indépendantes, ont été mis en place dans les 120’000 bureaux de vote du territoire nigérian. Le Père Iheanyi Enwerem, coordinateur de ces observateurs, a déclaré à l’agence missionnaire MISNA que le pays le plus peuplé d’Afrique avait passé dans le calme un test électoral décisif pour tout le continent». Cependant, a-t-il relevé, ce scrutin a été caractérisé par de «nombreuses fraudes»: «nos observateurs ont enregistré des cas évidents: dans l’Etat d’Anambra, par exemple, les responsables électoraux du gouvernement ont annoncé les données d’un bureau de vote qui n’avait pas même été ouvert».
Le religieux, également président de la Commission justice, développement, paix et communication de la Conférence des évêques du Nigeria, dénonce la collusion de plusieurs fonctionnaires de la Commission électorale nationale indépendante (INEC) qui, dit-il, «devrait être indépendante mais de fait, est liée au gouvernement». Nous avons les preuves, dit-il, que dans certaines circonstances, les irrégularités ont été commises sous les yeux des délégués de l’INEC, surtout pour favoriser le parti du président Obasanjo, qui contrôle la police, l’armée et une partie de l’appareil bureaucratique».
Dans un territoire d’un million de kilomètres carrés, qui compte 60 millions d’électeurs sur près de 130 millions d’habitants, le scrutin s’est tenu selon les mêmes modalités. Le Père Enwerem dénonce la persistance de poches de violence dans le sud, où se trouve la turbulente zone du Delta du Niger, où des homicides politiques et des affrontements s’étaient produits à le veille des élections.
Alors que d’autres groupes de monitorage électoral, dont l’Union Européenne, confirment de nombreux épisodes d’irrégularités, pour le responsable des observateurs de l’Eglise nigériane, ces présidentielles ont également des aspects positifs. «L’élément le plus encourageant» explique-t- il, «a été la massive participation des électeurs: ceci signifie que les Nigérians sont prêts à assumer leurs responsabilités politiques. Nous devons cependant souligner que tous les principaux partis, en particulier celui au pouvoir, ont démontré être peu démocratiques. Il est encore trop tôt pour penser qu’au Nigeria, traumatisé par 30 ans de pouvoir militaire, la démocratie est arrivée. Nous somme tout de même sur la bonne voie». (apic/misna/pr)
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