1’500 jeunes assassinés ces dernières années
Tegucigalpa, 23 avril 2003 (Apic) Le gouvernement du Honduras a pour la première fois admis l’existence «d’escadrons de la mort» dans le pays. Composés d’agents des forces de l’ordre, ces «escadrons de la mort» ont tué ces dernières années des dizaines de mineurs affiliés à des bandes organisées de jeunes.
Alda Romero, responsable du bureau gouvernemental pour les droits de l’Homme, a révélé que «parmi les responsables des morts violentes des enfants figurent des policiers qui agissent encapuchonnés pour ne pas révéler leur identité». Reste à savoir ce que le gouvernement compte prendre comme mesure pour enrayer ce phénomène de plus en plus présent dans ce pays, se demandent les ONG locales.
Sur les quelque 1’500 homicides de jeunes gens de la rue surnommés «babies criminals» (enfants criminels), a ajouté la fonctionnaire, environ 70 devraient être attribués aux agents des forces de l’ordre.
De là à faire la lumière sur ce que «Casa Alianza», une organisation non gouvernementale active en Honduras en faveur des droits de l’homme, qualifie de véritable massacre aveugle de mineurs, le chemin est encore long.
Le fait que certains secteurs de la société hondurienne trouvent dans l’élimination des enfants de la rue la solution au problème de l’insécurité des citoyens reste particulièrement préoccupant pour les organisations locales de défenses des droits humains. Tegucigalpa, la capitale, est particulièrement touchée par ces assassinats d’enfants.
Dans un rapport publié en février dernier, Amnesty International (AI) interpellait le gouvernement du Honduras, et lui rappelait qu’il ne pouvait continuer à ignorer le fait que depuis 1998 plus de 1’500 enfants de rue aient été impunément assassinés. Dans son rapport AI demandait à l’Etat de respecter les engagements pris.
Impunité
Le dernier rapport de l’organisation intitulé «Tolérance zéro envers l’impunité» s’adressait à l’exécutif du président Ricardo Maduro. «Des initiatives telles que la création d’une commission interinstitutionnelle et d’une unité spéciale d’investigation de la police ont généré de nombreux espoirs mais elles ne sont pas parvenues à diminuer le nombre de ces homicides et de ces exécutions arbitraires», déplorait AI. Au cours de ces derniers mois, l’ONG «Casa Alianza» avait dénoncé ces exécutions arbitraires, en relevant que les homicides de mineurs dans ce pays d’Amérique centrale se poursuivaient dans l’impunité la plus totale.
En 2001 déjà, «Casa Alianza» s’était indigné, en parlant du sort de «la millième victime» enregistrée depuis quatre ans, un gamin de 16 ans, Isaac Moises Lara, retrouvé ces jours criblé de balles tirées par la police dans un taudis du quartier populeux du (mal nommé) Divino Paraiso (Divin Paradis). (apic/misna/pr)
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