Rome: Le latin en perte de vitesse dans l’Eglise?
Rome, 24 avril 2003 (Apic) Le Vatican mettre sur pied cette année une commission qui sera chargée de revitaliser l’usage du latin dans l’Eglise et les sciences ecclésiastiques, a annoncé mercredi le cardinal Mgr Zenon Grochlewski, préfet de la Congrégation pour l’Education catholique.
L’initiative est lancée en raison de « la crise » que traverse l’usage du latin au sein de l’Eglise catholique, depuis le Concile de Vatican II. La parution récente de deux ouvrages a souligné cette crise. L’un d’eux, « Le latin et les chrétien » édité par le Vatican, regroupe les actes d’un colloque sur ce thème tenu en l’année du Jubilé 2000. L’autre rassemble 28 documents papals sur le latin, dont neuf de Jean Paul II.
Le latin, qui avait succédé au grec des premiers siècles, a longtemps été la langue universelle du rite catholique romain. Il a été remplacé par les langues locales à partir de la réforme liturgique introduite par le concile de Vatican II (1962-65). Mais la langue liturgique classique est encore utilisée dans certaines célébrations, notamment dans des communautés monastiques ou lieux de culte, qui lui sont restés fidèles.
La langue des César n’est pas une relique poussiéreuse
Dans un message publié à l’occasion de la première journée de la « latinitas » célébrée le 31 mai 2001 à Rome, le pape s’était penché sur la question.
La langue des César n’est pas, avait dit en substance le pape une « relique poussiéreuse » d’un passé révolu, elle peut encore aujourd’hui cimenter les peuples à l’époque des concepts de l’hyper-technologie et de l’internet.
Dernier bastion
L’Eglise catholique est en effet la seule organisation contemporaine dans laquelle le latin est encore la langue officielle. Régulièrement, par exemple, les lettres de mission des envoyés spéciaux du pape sont rédigées et communiquées à la presse en latin. Au cours d’un Consistoire extraordinaire tenu peu avant cette journée de la « latinitas, le cardinal argentin Jorge Maria Mejia avait commencé son intervention par un prélude latin, jetant la confusion dans les cabines de traduction, mais accueilli par les applaudissements de ses confrères.
Pas seulement des mots.
Les participants à la journée de la « latinitas avaient du reste souligné la préoccupation que peut susciter une civilisation de masse et anglophone qui réduit la culture des peuples à des « forteresses assiégées ». Le latin ne se réduit pas à des mots, écrivait pour sa part Jean Paul II, mais véhicule « une sensibilité particulière et une vision du monde ». Il a eu une « fécondité unique »: art, philosophie, littérature, droit, et généré des cultures qui n’étaient pas sensibles aux seuls aspects matériels mais aussi « aux valeurs élevées de l’homme ». Pour le pape, cette richesse, à l’heure de la mondialisation, peut devenir patrimoine mondial. (apic/ag/pr)
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