Israël: L’ancien Grand rabbin séfarade critique la nomination de Yona Metgzer
Jérusalem, 28 avril 2003 (Apic) L’ancien Grand rabbin séfarade a vivement critiqué la nomination de Yona Metgzer comme nouveau Grand rabbin ashkénaze d’Israël. Dans une lettre au ton acerbe envoyée au Conseil du Grand rabbinat, le rabbin Eliyahu Bakshi-Doron rappelle qu’en 1998, étant donné les très graves reproches sur sa conduite, Yona Metzger avait promis de ne pas poser sa candidature pour le poste de Grand rabbin de Tel Aviv. C’est à cette condition qu’il pouvait conserver son titre de rabbin.
Dans sa lettre citée lundi par le quotidien israélien «Ha’aretz», l’ancien Grand rabbin séfarade mentionne les graves allégations contre le rabbin Metzger, notamment des accusations de harcèlement sexuel, de fausses signatures sur des contrats de mariage, de fraude et de menaces envers d’autres rabbins.
«Je n’aurais jamais pensé que ce rabbin (Metzger) aurait l’audace de faire acte de candidature pour le poste de Grand rabbin d’Israël après avoir promis de ne pas concourir pour le poste du rabbinat de Tel Aviv», écrit Bakshi-Doron. Le Grand rabbin sortant a l’intention d’interpeller le procureur général d’Israël, Elyakim Rubinstein, sur cette affaire qui ternit l’image du Grand rabbinat.
Pas même le droit d’être juge dans les plus basses instances religieuses
Asher Maoz, professeur de droit à l’Université de Tel Aviv, a déjà écrit au procureur général en lui demandant de geler la nomination de Yona Metzger du fait qu’il n’a pas la qualification requise pour être juge dans un tribunal religieux.
En tant que Grand rabbin ashkénaze, Metzger sera à son tour appelé à présider la Haute cour rabbinique. Le professeur Maoz écrit qu’étant donné que le rabbin Metzger n’a pas l’autorisation de fonctionner comme juge dans un tribunal religieux au plus bas niveau – décision prise en 1998 par le Conseil du Grand rabbinat en raison de sa conduite -, il est inconcevable qu’il puisse présider le système des tribunaux religieux par le simple fait d’avoir été élu Grand rabbin. Aux yeux du juriste de Tel Aviv, ce serait comme choisir en tant que président de la Cour Suprême une personnalité qui n’aurait même pas les qualifications pour juger des cas de violation des règles de la circulation routière. (apic/haar/be)
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