Zimbabwe: Amnesty International dénonce le gouvernement Mugabe
Londres/Lausanne, 30 avril 2003. (Apic) Amnesty International (AI) demande au gouvernement zimbabwéen de « mettre immédiatement un terme à toute forme d’intimidation, aux arrestations arbitraires et aux actes de torture dont sont victimes les opposants, les médias indépendants et les défenseurs des droits humains ». «
A l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse, le 3 mai, L’Organisation de défense des droits de l’homme dénonce le gouvernement zimbabwéen. Selon AI, ce dernier s’appuie sur certaines dispositions de sa législation interne pour réduire toute opposition au silence, commettre des atteintes aux droits humains et menacer l’ensemble des droits fondamentaux des Zimbabwéens.
« Les autorités zimbabwéennes, et plus particulièrement la police, utilisent des lois répressives pour harceler systématiquement, arrêter et torturer en toute impunité les personnes soupçonnées de soutenir l’opposition et de dénoncer les atteintes aux droits humains. Les dirigeants et les partisans du Movement for Democratic Change (MDC, Mouvement pour le changement démocratique), les médias indépendants et les organisations représentant la société civile sont plus spécifiquement visées par ces attaques », s’insurge AI dans un communiqué remis mercredi à la presse.
Selon AI, le gouvernement de Mugabe a mis en place puis utilisé de façon sélective une série de lois pour commettre des atteintes massives aux droits humains et empêcher ses opposants et ses détracteurs d’exercer leurs droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion. Le Zimbabwe a pourtant ratifié le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) et la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, deux instruments sensés protéger les droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion.
AI demande aux autorités de ce pays d’abroger sans délai abroger ou de modifier tous les textes législatifs qui violent les droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion, et de prendre les mesures nécessaires pour mettre le droit zimbabwéen en conformité avec les dispositions du PIDCP, de la Charte africaine.
Arrestations
Rappelons qu’à la suite de la grève générale organisée par le MDC les 18 et 19 mars derniers, la police a utilisé plusieurs dispositions de la Loi relative à l’ordre public et à la sécurité pour se livrer à des actes d’intimidation et arrêter arbitrairement des centaines de partisans de l’opposition et de défenseurs des droits humains, dont beaucoup ont été battus et torturés pendant leur garde à vue.
Environ 130 d’entre eux ont été inculpés au titre de l’article 6 de la Loi relative à l’ordre public et à la sécurité pour incitation à la violence et actes terroristes. Le vice-président du MDC, Gibson Sibanda, a été interpellé le 31 mars 2003 après que les autorités l’eurent accusé d’avoir cherché à renverser le gouvernement en appelant la population à participer à la grève générale. Il a été inculpé en vertu de l’article 5 de la Loi relative à l’ordre public et à la sécurité, qui prévoit une peine maximale de vingt ans d’emprisonnement, avant d’être libéré sous caution le 7 avril 2003.
Une autre grève générale très largement suivie a été organisée par le Zimbabwe « Congress of Trade Unions » (ZCTU, Congrès des syndicats zimbabwéens) du 23 au 25 avril 2003 pour protester contre les hausses du prix du carburant. Au moins 20 dirigeants et membres du ZCTU accusés d’être à l’origine de cette grève auraient été arrêtés par la police dans les villes de Bulawayo, de Gweru, de Kwekwe et de Chiredzi. (apic/com/pr)
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