Etats-Unis: Application à l’homme de la création d’embryons de souris
Washington, 2 mai 2003 (Apic) Une équipe de chercheurs franco-américaine veut appliquer à l’homme la technique de création en laboratoire des embryons de souris à partir de cellules souches. Des travaux à propos desquels les théologiens n’accordent pas leurs violons du point de vue éthique.
Pour certains théologiens dont le point de vue a été relayé par la revue «Science», l’application à l’homme de cette technique visant à créer en laboratoire des embryons de souris à partir de cellules souches ne poserait pas de problème éthique.
Les chercheurs, qui ont annoncé leur projet dans la même revue, estiment que leurs travaux avaient d’importantes implications éthiques puisque les ovocytes obtenus in vitro peuvent produire des cellules souches embryonnaires, dont la culture ne doit pas, selon eux, être considérée comme une atteinte à la vie au même titre que le prélèvement de cellules souches sur un embryon naturel. Une opinion que partage le professeur américain de religion et d’éthique Thomas Shannon. Pour lui, «l’utilisation de cellules souches embryonnaires pour produire des embryons dans le but de générer d’autres cellules souches embryonnaires dans un but thérapeutique ne présente par de problème éthique substantiel».«L’organisme dérivé de cette méthode n’est pas, à mon avis, une personne humaine», a ajouté cet expert de la religion catholique et du statut théologique de l’embryon au Worcester Polytechnic Institute.
Les théologiens divisés
Ronald Cole-Turner, professeur de théologie et expert en éthique de la génétique et du clonage, est de ceux qui pensent qu’il faut distinguer les exploits scientifiques et la morale. A son avis, le produit de la technique mise au point de ces chercheurs «peut susciter l’étonnement, mais difficilement le respect moral». Pour cet enseignant du Pittsburgh Theological Seminary, «ces cellules pourraient être capables de fonctionner comme des embryons, mais ce ne sont pas des embryons au sens moral ou religieux, et ils ne devraient pas êtres protégés comme tels», car «ils sont dénués de la genèse normale et de la destiné normale de véritables embryons humains».
Ted Peters, professeur de théologie au Pacific Lutherian Theological Seminary de Berkeley, juge pour sa part que les théologiens fondent leur raisonnement «sur une image de plus en plus dépassée de la nature et de la façon dont elle fonctionne». (apic/ag/jv)
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