Pour une participation démocratique des Etats

Rome: Jean Paul II redemande une organisation pour mieux gérer la mondialisation

Rome, 2 mai 2003 (Apic) Jean Paul II a repris son appel du 1er janvier pour la création d’une organisation internationale capable de répondre aux nouvelles questions posées par la mondialisation. Le processus actuel, selon le pape, manque de mécanismes qui lui permettraient de prendre la bonne direction.

S’adressant le 2 mai aux membres de l’Académie pontificale des sciences sociales, réunis à Rome jusqu’au 6 mai, le pape a notamment demandé une plus grande participation démocratique des Etats dans le processus de la mondialisation, ainsi qu’une politique internationale plus transparente et plus responsable.

Dans son message du 1er janvier, le souverain pontife avait invité les gouvernements du monde entier à réfléchir et «à travailler ensemble pour la constitution d’une nouvelle organisation de toute la famille humaine». «Cette organisation devrait être capable de répondre aux nouvelles questions posées par la mondialisation», a-t-il expliqué le 2 mai. «Cela ne veut pas dire qu’il faut créer un ’super Etat mondial’, mais continuer le processus en cours tout en accroissant la participation démocratique et en promouvant une politique transparente et responsable».

Des peuples entiers luttent pour leur survie

Selon Jean Paul II, il s’agit de faire face à une des conséquences du phénomène de la mondialisation, le fait que «des intérêts particuliers et la demande du marché prédominent souvent au détriment bien commun». Cette tendance, a-t-il déploré, «laisse les personnes les plus faibles de la société sans protection adéquate et entraîne des peuples entiers à une redoutable lutte pour la survie». Une attitude, a précisé le souverain pontife, qui peut même parfois conduire «à d’extrême réactions comme un nationalisme excessif, un fanatisme religieux ou même à des actes terroristes».

Toutefois, a tenu à rappeler le pape en conclusion, la mondialisation «n’est pas un problème en elle-même». «Les difficultés, a-t-il expliqué, naissent d’un manque de mécanismes efficaces qui lui permettraient de prendre la bonne direction». «La mondialisation doit être insérée dans un programme politique et économique qui recherche le progrès authentique de l’humanité», a-t-il conclu.

Deux jours plus tôt, le 30 avril, l’observateur permanent du Saint-Siège aux Nations Unies, Mgr Celestino Migliore, a demandé à la Communauté internationale «de redéfinir ses stratégies» dans le cadre de la coopération internationale. Intervenant à l’occasion d’une session de l’ONU sur le développement durable, le prélat italien a insisté pour que soient établis des «mécanismes de soutien» au niveau international dans le cadre du développement des Etats. «Sans de tels mécanismes adéquats, il y a le risque de privatiser le développement durable et d’exclure toujours plus les groupes les plus faibles». (apic/imedia/bb)

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