Sous le signe de l’ouverture

Paris. La JOC rassemble dans une ambiance festive plus de 15’000 jeunes à Paris

Paris, 5 mai 2003 (Apic) Ambiance au Palais omnisports de Bercy, à Paris, samedi 3 mai, où près de 17’000 jeunes se sont retrouvés à l’initiative de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), mouvement catholique militant, pour un rassemblement national sur le thème «On est fait pour s’entendre». 54 délégations étrangères étaient présentes durant ce week-end à Bercy, placé sous le signe de l’ouverture

Un programme riche et festif avait été concocté: interventions de personnalités de poids, ateliers, visite au «village des associations», concert de rap et de rock, ou encore possibilité de s’initier au basket entre deux tables rondes. Sans oublier la célébration eucharistique en fin de journée présidée par Mgr Ricard et nombre d’évêques. Moins liée aux partis et syndicats de gauche, la JOC reste cependant présente dans les milieux défavorisés.

Changeante mais fidèle à elle-même. Ce paradoxe pourrait bien résumer la JOC. Le compagnonnage avec les syndicats et les partis de gauche qui prévalut un temps – l’invité de marque du rassemblement de 1974 était Georges Marchais, secrétaire général du Parti communiste français (PCF) – n’est plus de mise. Aujourd’hui l’heure est à la revalorisation de l’identité chrétienne et de l’enracinement en Eglise.

La JOC s’intéresse toujours prioritairement aux jeunes des milieux défavorisés. Un constat: on y trouve de moins en moins de fils d’ouvriers (exit la classe ouvrière) et de plus en plus de jeunes des banlieues et des cités auxquels, estime-t-on, les parents n’ont que rarement transmis la foi chrétienne. En d’autres termes, les petits restent toujours des petits. la misère a simplement changé de visage: exclusion, chômage, précarité, désespoir ou rage face à une société qui semble ne rien promettre du bonheur de vivre et d’être ensemble, perte du sens, racisme, sexisme : autant de combats que la JOC entend relever en invitant les jeunes à s’engager.

«Nous sommes les jeunes de l’anti-21 avril " a martelé à Bercy Sophie de Oliveira, la présidente de la JOC, faisant allusion à l’abstentionnisme et à la dispersion des voix de gauche qui conduisit il y a un an J. M. Le Pen, le candidat de l’extrême droite, au deuxième tour de l’élection présidentielle.

«Engagez-vous»

Vingt-six ans et de l’énergie à revendre, Sophie de Oliveira explique qu’elle a rejoint la JOC parce qu’elle y a trouvé à la fois un lieu de fête et un lieu d’engagement où elle a pu négocié avec la mairie de sa ville natale l’octroi d’une salle de réunion pour les jeunes. «Ne désespérez pas et engagez-vous», c’est en substance ce qu’on dit aussi les invités qui se sont succédés à la tribune, entre prestations musicales ou dansées hi hop, rap ou rock et messages vidéo retransmis sur écrans géants.

«Nous avons assisté à une montée du racisme et de l’antisémitisme, et nous avons besoin de vous pour le combattre», a de son côté fait valoir le ministre de la Jeunesse et de l’Education nationale Luc Ferry, lors de l’ouverture officielle de la rencontre. Des personnalités politiques, – François Chérèque et Bernard Thibault, secrétaires généraux de la CFDT et de la CGT – et religieuses -, l’Abbé Pierre et Soeur Emmanuelle-, ont pour leur part évoqué les questions de l’emploi, de l’école ou de la cité. Le cardinal Jean-Marie Lustiger a également trouvé le ton en s’adressant aux jeunes. «Tenez bon! Cela (votre engagement) ne doit pas être que des mots», a dit l’archevêque de Paris.

La voix de Cotonou

Ambiance aussi dans le village des associations où, entres autres stands, celui du mouvement Attac (pour la taxation sur les flux financiers) voisinait avec ceux du CCFD.

Ouverture enfin, au rassemblement de Bercy, ne serait-ce qu’à travers l’attention portée au dialogue interreligieux lors d’une grande table ronde intitulée «Musulmans, chrétiens, juifs, on est faits pour s’entendre». De fait, dans les cités, des jeunes cheminent avec la JOC. Son réseau compte 10’000 inscrits et de 20 à 30’000 sympathisants, ainsi que 2’000 adultes accompagnateurs, dont 500 prêtres et religieuses. Ouverture encore, internationale, exprimée par la présence de 54 délégations étrangères, parfois hautes en couleurs.

Ainsi Jules A. Hounkponou, responsable national de la JOC du Bénin, revêtu du «Boumba», le costume traditionnel, et fier d’expliquer que sa venue est «un signe de solidarité et d’amour car la JOC n’a pas de frontière. A Cotonou, la JOC rassemble 500 jeunes et elle s’emploie particulièrement à lutter contre la discrimination sexiste dont souffrent les jeunes filles. (apic/jcn/jv)

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